Dimanche 11 octobre 2026, la Ruée des Fadas revient à Lattes, là où tout a commencé. Une centième édition forcément particulière : après douze ans et plus de 300 000 participants, Jérôme Bérard s’apprête à organiser sa dernière course. Une page importante de la course à obstacles française se tourne. Mais l’histoire des Fadas, elle, va continuer.
Il y aura de la boue, des déguisements improbables, quelques plongeons involontaires et beaucoup de fous rires. Sur ce point, la centième Ruée des Fadas devrait ressembler aux 99 précédentes.
Mais ce dimanche, à Lattes, l’ambiance aura forcément une saveur particulière.
Pour Jérôme Bérard, cofondateur de la Ruée des Fadas et dirigeant d’Event 114, ce sera la dernière. Après plus d’une décennie passée à imaginer des obstacles, monter des événements et faire courir des milliers de personnes à travers la France, il passe le relais.
Et ce n’est pas rien.
De 2 000 Fadas à une aventure nationale
L’histoire commence en 2013, lorsque le projet prend forme dans l’Hérault. En juin 2014, la première Ruée des Fadas rassemble environ 2 000 participants à Lattes.
Quelques mois plus tard, ils sont déjà 4 000 à Palavas-les-Flots.
La recette trouve rapidement son public : des kilomètres à parcourir, des obstacles à franchir, des équipes déguisées et une ambiance qui commence bien avant le départ et continue longtemps après l’arrivée.
La Ruée des Fadas va ensuite essaimer dans toute la France. Montpellier, Toulouse, Dijon, Nantes, Bordeaux, Paris, Lyon et bien d’autres destinations accueillent à leur tour ces drôles de coureurs.
Douze ans plus tard, la série revendique plus de 300 000 participants.
Une réussite populaire qui a largement dépassé le cadre de son territoire d’origine.

Faire découvrir la course à obstacles autrement
La grande force de la Ruée des Fadas, c’est d’avoir rendu la course à obstacles accessible à un public qui n’aurait pas nécessairement osé s’inscrire à une compétition sportive.
Pas besoin d’être un athlète confirmé pour venir s’amuser. On peut avancer à son rythme, se faire aider pour franchir un mur, contourner un obstacle trop intimidant et terminer avec ses amis.
Mais il ne faudrait pas réduire la Ruée à une simple fête costumée.
Il y a du sport, de vrais franchissements, de l’effort et parfois quelques belles difficultés. C’est justement cet équilibre entre activité physique et plaisir collectif qui a fait sa réussite.
Jérôme Bérard a également accompagné le développement sportif de la discipline. Dès 2015, la FadaTeam réunissait notamment Marion Lorblanchet et Jérémy L’Hôte. En 2016, elle accueillait de nouveaux athlètes, dont Anouk Garnier.
Un engagement qui rappelait que le fun et la performance pouvaient parfaitement cohabiter dans la course à obstacles.
Chez Obstacle.fr, nous suivons cette aventure quasiment depuis ses débuts. Des premières éditions aux récits de la FadaTeam, nous avons vu la Ruée évoluer, accueillir de nouveaux participants et conserver cette capacité assez rare à faire sourire les coureurs même lorsqu’ils sont couverts de boue.
Et, oui, nous continuons à y retourner. Parce que nous savons que nous allons nous amuser.
Derrière les déguisements, une sacrée machine
Cent éditions, ce n’est pas seulement cent lignes de départ.

Ce sont cent événements à construire, des terrains à trouver, des autorisations à obtenir, des parcours à concevoir, des obstacles à transporter, installer, contrôler et démonter.
Ce sont aussi des milliers de bénévoles mobilisés au fil des années, des équipes techniques, des partenaires, des secouristes et tous ceux qui travaillent pendant que les participants profitent de leur journée.
Et quelques imprévus. Probablement beaucoup, même.
Comme tout l’événementiel sportif, la Ruée a traversé des périodes difficiles, notamment la crise sanitaire et ses conséquences économiques.
En 2026, Jérôme Bérard avait annoncé que le Fadas Tour serait le dernier. Après plus de dix ans à faire vivre cette immense machine, il était temps de passer à autre chose.
Il fallait aussi savoir terminer une aventure qui avait demandé autant d’énergie.
Une dernière à Lattes, là où tout a commencé
Le choix de Lattes pour accueillir cette centième édition boucle joliment l’histoire.
C’est ici que les premiers Fadas se sont élancés en 2014. C’est ici que Jérôme Bérard et son équipe vont organiser leur dernière Ruée.
Au programme du dimanche 11 octobre : huit kilomètres, une trentaine d’obstacles annoncés sur le site officiel et, surtout, cette ambiance collective qui a fait la réputation de la série.
Pas de chronomètre, pas de classement. On vient pour partager une expérience et franchir la ligne d’arrivée ensemble.
Pour les habitués, ce sera l’occasion de retrouver une dernière fois l’équipe historique aux commandes. Pour les nouveaux, une belle porte d’entrée dans l’univers de la course à obstacles.
Et pour ceux qui ont accompagné l’aventure depuis ses débuts, difficile de ne pas avoir un petit pincement au cœur.
La Ruée continue, Jérôme passe le relais
Car l’histoire aurait pu se terminer avec cette centième.
Mais fin août, Jérôme Bérard nous confirmait qu’un repreneur avait été trouvé. Depuis, la suite s’est précisée : Event Etcetera, l’équipe qui développe notamment le Vélotour et Pop In The City, reprend le flambeau pour le Fadas Tour 2027.
Une nouvelle équipe, de nouvelles idées et une question essentielle : comment faire évoluer la Ruée sans perdre ce qui a fait son succès ?
La réponse viendra sur le terrain.
Mais pour la course à obstacles française, cette transmission est déjà une bonne nouvelle. Dans une discipline qui a connu la disparition de plusieurs événements emblématiques, voir une série historique poursuivre sa route est loin d’être anodin.
La centième sera donc bien la dernière Ruée des Fadas de Jérôme Bérard. Pas la dernière Ruée des Fadas.
Merci Jérôme. Et rendez-vous à la 101e.
On mesure parfois l’importance d’un événement à son palmarès, à son niveau sportif ou à son nombre de participants.
Mais il existe une autre façon de regarder les choses : combien de personnes ont découvert un sport grâce à lui ? Combien ont osé franchir leur premier obstacle ? Combien ont entraîné leurs amis dans une aventure qu’ils n’auraient jamais imaginé vivre ?
De ce point de vue, la Ruée des Fadas a apporté énormément à notre discipline.
Jérôme Bérard et toutes les équipes qui l’ont accompagné ont construit bien davantage qu’une succession de courses. Ils ont créé un rendez-vous populaire, reconnaissable, capable de donner envie de faire du sport à des gens qui ne seraient peut-être jamais venus autrement.
Alors dimanche, il y aura certainement quelques émotions derrière les sourires et les déguisements.
Cent Ruées des Fadas. Douze ans d’aventure. Plus de 300 000 participants.
Et un sacré bout de chemin parcouru.
Merci Jérôme, et merci à toutes les équipes qui ont rendu cette histoire possible.
Maintenant, place à la fête.
Et vivement la 101e.





