La course à obstacles impressionne. Mais que sait-on réellement de ses risques ? Avec son livre blanc « Sécurité & blessures en course à obstacles », je propose de regarder les faits, de comprendre les accidents et de faire progresser les pratiques. Avec une conviction : mieux connaître cette discipline, c’est aussi donner envie de la découvrir.

Un mur, de la boue, une suspension, une traversée dans l’eau. Il suffit parfois de quelques images pour que le verdict tombe : « Ça a l’air dangereux. » Depuis plus de dix ans que je couvre la course à obstacles, je vois combien son apparence spectaculaire influence la manière dont on en parle. Je vois aussi le travail des organisateurs, des bénévoles et des secours, les questions que se posent les participants et les enseignements que l’on peut tirer des accidents.

J’ai voulu réunir ce travail dans un livre blanc. Pour donner à la discussion des bases solides et défendre une discipline qui mérite d’être mieux comprise.

Un chiffre pour changer de perspective

Un peu plus d’un participant sur mille a besoin de soins au-delà de l’événement. Le transport par les secours concerne environ un participant sur 4 000.

Ces ordres de grandeur proviennent d’une étude portant sur 73 366 départs lors de 33 courses Spartan dans l’Est du Canada, entre 2015 et 2017. Ils rejoignent les chiffres de prise en charge communiqués à Obstacle.fr par un panel d’organisateurs. Ils permettent de distinguer des situations que l’on mélange facilement : recevoir des soins sur place, être orienté vers des soins extérieurs ou être transporté par les secours. Ils ne représentent pas toutes les blessures et ne constituent pas un taux universel applicable à chaque course. Mais ils donnent un repère concret pour parler des conséquences, au-delà des impressions.

Remettre les risques à leur juste échelle permet d’en parler plus sereinement, tout en prenant les blessures au sérieux.

Plus d’une décennie de travail journalistique

Ce livre s’appuie sur les archives d’Obstacle.fr, des articles, des interviews et des échanges avec les organisateurs, les athlètes, les professionnels des secours et les fédérations. Il croise ce travail journalistique de longue durée avec des publications scientifiques, des textes réglementaires et l’analyse d’accidents documentés dans plusieurs pays.

J’y assume une position d’auteur : je veux voir la course à obstacles se développer. Je veux que davantage de personnes osent prendre un départ, que les organisateurs disposent de repères utiles et que les discussions sur son encadrement tiennent compte de la diversité des épreuves.

Cette ambition demande aussi de regarder les difficultés en face.

Prévoir l’échec, prévoir le changement

Deux idées traversent le livre :

Prévoir l’échec, c’est se demander ce qui se passe lorsqu’un participant lâche une prise, glisse ou rate un mouvement. Où tombe-t-il ? Peut-il sortir ? Comment l’équipe peut-elle intervenir ?

Prévoir le changement, c’est tenir compte de ce que devient le parcours pendant l’événement : une réception qui se creuse, une protection qui bouge, une file d’attente qui s’allonge, la météo qui évolue.

Ces questions donnent une direction concrète à la prévention. Elles concernent la conception des obstacles, les consignes, la surveillance et la capacité à adapter ou interrompre un passage. Le livre aborde aussi l’eau, la boue, la chaleur, le froid, les parcours enfants et les responsabilités des différents acteurs.

Un livre pour celles et ceux qui font vivre la discipline

Organisateurs, bénévoles, arbitres, fédérations, partenaires et participants : chacun peut y trouver des éléments pour comprendre, poser des questions et agir à son niveau. Je souhaite également qu’il serve aux journalistes et à toutes les personnes qui découvrent la course à obstacles. Parce que cette discipline mérite une information à la hauteur de ce qu’elle est : diverse, exigeante, conviviale et portée par des personnes qui s’investissent pour la faire grandir.

Une publication à prix libre

Le livre blanc est proposé à prix libre. Le prix d’un café, davantage si tu le souhaites : une manière de rendre ce travail accessible tout en permettant de soutenir Obstacle.fr et les prochaines publications.

J’aime la course à obstacles. Ce livre est une manière de contribuer à son avenir.

Bonne lecture !


Source des chiffres : Rabb et Coleby, 2018, étude des prises en charge médicales sur 33 courses Spartan dans l’Est du Canada.