Les Championnats d’Europe Spartan 2026 ont livré deux vainqueurs très différents mais deux victoires qui ne doivent rien au hasard. Stijn Lagrand s’impose chez les hommes devant Grégory Basilico, tandis que Zuzana Kocumová décroche le titre féminin devant Leslie Lejeune. Derrière, Camille Salliot signe une superbe quatrième place et les obstacles rappellent encore une fois qu’ils peuvent faire basculer une course.

Stijn Lagrand frappe très fort

Chez les hommes, le duel attendu a bien eu lieu, mais son dénouement est net. Stijn Lagrand devient champion d’Europe devant Grégory Basilico, au terme d’une course où le Néerlandais a su exploiter parfaitement un profil rapide et roulant. L’écart final, proche de deux minutes, donne surtout la mesure de sa performance : à ce niveau, ce n’est pas une victoire arrachée sur un détail.

Lagrand n’est évidemment pas une révélation sortie de nulle part. Champion du monde Sprint 2024, vice-champion du monde Sprint 2025 et déjà capable de battre Basilico cette saison sur le Super de Morzine, il avait aussi poussé le Français dans ses retranchements sur la Beast de Carcassonne avant qu’un lancer de javelot manqué ne fasse basculer la course. Presse Agence Sport

Cette fois, il ne laisse pas passer l’occasion. On peut toujours discuter des calendriers de préparation, du prochain objectif mondial ou du niveau de forme exact de chacun, mais cela ne doit pas devenir l’explication principale du résultat. Lagrand a surtout gagné parce qu’il a réalisé une très grande course.

Grégory Basilico reste au sommet

La deuxième place de Grégory Basilico ne change pas grand-chose à la lecture de sa saison. Le Français continue d’enchaîner les performances internationales de premier plan et arrivait dans l’Estérel après son titre mondial Ultra remporté quelques mois plus tôt. Spartan Race

Il tombe simplement cette fois sur un athlète qui a été meilleur sur le terrain du jour. Et c’est plutôt une bonne nouvelle pour le circuit européen : la hiérarchie masculine n’est pas figée, et le duel entre Basilico et Lagrand commence à devenir l’un des plus intéressants à suivre.

Zuzana Kocumová, encore et toujours

Chez les femmes, Zuzana Kocumová décroche un nouveau titre européen devant Leslie Lejeune. Là encore, il serait trompeur de présenter cette victoire comme le dernier éclat d’une immense championne : Kocumová continue tout simplement à courir au niveau des meilleures.

Quelques semaines avant l’Estérel, elle avait déjà battu Leslie Lejeune sur une Beast, avec un écart très important à l’arrivée. Son palmarès donne parfois l’impression qu’elle appartient à une autre époque de Spartan, mais ses résultats disent exactement l’inverse : elle est toujours une référence sportive actuelle. Spartan Race

Derrière elle, Leslie Lejeune prend une nouvelle médaille d’argent internationale. Son profil très complet et sa capacité à tenir lorsque les courses deviennent physiques restent parmi ses principales forces, et ce podium confirme encore sa régularité au plus haut niveau.

Camille Salliot, quatrième et tout près

La très belle surprise française vient de Camille Salliot, quatrième. Le résultat est suffisamment fort pour être souligné, mais il confirme surtout une progression qui commence à devenir très régulière.

Camille avait déjà terminé la saison nationale parmi les meilleures Françaises, derrière Perrine Abadie et Mallaury Cabaud au classement des France National Series. Sa quatrième place européenne montre qu’elle est désormais capable de transposer ce niveau sur une course où le plateau devient beaucoup plus dense. Spartan Race

Être au pied du podium dans un championnat continental n’est jamais anodin. Et quand cela commence à se répéter, on n’est plus vraiment dans la surprise : on commence à parler d’une athlète installée dans le premier cercle européen.

Perrine Abadie, l’Atlas comme rappel

Pour Perrine Abadie, la course rappelle une mécanique déjà observée cette saison : sa vitesse de course est exceptionnelle, mais certains obstacles peuvent encore lui coûter très cher. Elle avait dominé les France National Series 2026 grâce à un niveau de course à pied supérieur à la plupart de ses adversaires, tout en connaissant déjà quelques difficultés sur les obstacles les plus physiques.

Dans l’Estérel, l’Atlas est venu remettre ce sujet au centre. À ce niveau de densité, perdre du temps sur un portage lourd ou un obstacle ne se récupère pas facilement, même avec un gros moteur. C’est probablement là que se trouve encore sa marge de progression la plus évidente. Et c’est aussi ce qui rend la discipline intéressante : on ne gagne jamais uniquement parce qu’on court vite. Il faut rester complet jusqu’au dernier obstacle.

Deux médailles françaises et un championnat qui ouvre le jeu

Avec Grégory Basilico et Leslie Lejeune en argent, Camille Salliot quatrième et plusieurs Français encore placés parmi les meilleurs Européens, le bilan reste solide pour le clan tricolore. Mais l’enseignement principal du week-end vient peut-être surtout des deux vainqueurs.

Stijn Lagrand confirme qu’il faut désormais le considérer comme un candidat au titre sur bien davantage que les seuls formats rapides. Zuzana Kocumová rappelle de son côté qu’elle reste l’une des références absolues du circuit actuel, malgré un palmarès qui pourrait laisser croire qu’elle court déjà depuis une autre génération.

On avait beaucoup spéculé avant cette course. Finalement, le plus intéressant est beaucoup plus simple : l’Estérel a donné sa réponse. Et elle ouvre encore davantage le jeu pour la suite de la saison.