Spartan Atlantique : enfin !

Ca y est, c’est le retour des compte-rendus après 3 mois et demi d’absence d’une part car je suis devenu papa pour la seconde fois et d’autre part car j’ai dû soigner le nombre incroyable de 5 tendinites.

Après un peu de repos durant mes vacances et un séjour (stage) dans le Jura exceptionnel chez mes amis Carla et Greg, j’avais repris ma préparation à la cool pour la seconde partie de saison. C’est donc avec une excitation certaine que je me suis rendu sur le circuit de motocross de St Jean D’Angély situé non loin de La Rochelle. Aussi, je connaissais déjà les lieux pour y avoir effectué la sprint l’an passé. J’abordais cet événement plutôt sereinement et surtout ravi de revoir les nombreuses connaissances ocr que je n’avais pas vu depuis un moment.

Ce samedi 9 septembre, Julien et moi arrivons vers 11h. Après nous être acquitté des 5euros de parking, nous descendons tranquillement vers le village spartan. Je constate que celui-ci a peu changé par rapport à l’année dernière et je me repère très vite. Vu notre heure tardive d’arrivée, nous retirons très rapidement notre pack coureur habituel et nous profitons du temps libre restant pour discuter avec les amis comme Boris et sa team Melon par exemple ou les Spartan Nomad, swat et compagnie. L’ambiance est très détendue et plaisante. Malheureusement, des trombes d’eaux s’abattent régulièrement et nous devons courir nous abriter. Le temps n’est vraiment pas de la partie : dommage mais il faudra faire avec. D’ailleurs celui-ci va fortement impacter la compétition en compliquant énormément la tâche sur les obstacles et les parties de course à pied dans la boue épaisse.

Après un long échauffement (il valait mieux vues les conditions), je me présente au niveau du sas de départ élite de 13h. Ici les bénévoles nous remettent notre bande de poignet rouge pour nous différencier. Il serait vraiment temps que Spartan investissent dans des chasubles rouges pour élites et orange pour les compétitifs avec des numéros devant et derrière…Une meilleure visibilité éviterait tellement de triches ! M’enfin, c’est comme ça !

Sur la ligne de départ, je trouve l’ambiance beaucoup plus zen que d’habitude. Est-ce mon état d’esprit du jour ou le fait que beaucoup se soient libérés en courant déjà la super ? Je ne sais pas mais les discussions sont bien sympas : Thibaud Jean me raconte ses petites péripéties du matin, Jacko, Vincent , Miguel et d’autres me saluent et on échange un peu. Du coup, je ne vois pas le quart d’heure passé et je ne suis, il faut le dire, vraiment pas du tout dans ma course ^^. Tout à coup, le speaker nous annonce 2minutes avant le départ. D’un coup, j’ai une pointe d’adrénaline qui m’envahit. Je me remets à sautiller sur place pour préparer mes muscles aux efforts violents à venir. Niveau tenue, j’ai opté pour courir en mini short running sans aucune compression sur les jambes. En haut, j’ai mis mon tee shirt spartan race compression manche courte et par défaut je me contenterai de mes all terrain OR, troués et réparées de partout mais seules chaussures à crampon qu’il me restait. Et oui les courses à obstacles, c’est un sacré budget chaussures !

A 13h, la horde de Spartan Elite traverse les fumigènes et se lance à l’assaut de ce circuit de motocross. Je pars prudemment contrairement à d’habitude et je ne me laisse pas happé par l’allure démentielle des premiers. La boue aspire les chaussures et compliquent grandement la progression. Déjà la première montée abrupte se présente face à nous. Les appuis fuyants me forcent à faire du quatre pattes. Aussi, je paie mon départ plutôt lent et je dois me frayer un passage parmi les concurrents qui glissent partout autour de moi. Avec le recul, je n’ai pas pris assez de risques dans les descentes mais avec les championnats d’Europe qui se profilaient la semaine d’après, j’ai préféré assurer le coup. Par moment, je dérape littéralement sur plusieurs mètres en mode ski alpin. Avec un peu d’équilibre, j’évite de peu la chute. Les murs dessus dessous se présente puis on redescend vers le premier obstacle sélectif : la slackline. Après l’avoir beaucoup travaillé chez moi, je suis très confiant mais au milieu le pied dérape et je me retrouve en position latérale. Je ne m’affoles pas et après deux petits pas, je m’éjecte. Je jette un coup d’oeil vers la zone de burpees et je constate qu’il y a eu beaucoup de dégâts. Et hop 15 places de gagnées. Après le plan incliné, je me dépêche de mémoriser le code que l’on devra restituer à la fin. Un gros doute m’assaille sur un chiffre mais je fais confiance à ma mémoire visuelle. Fini les aller retour comme l’an passé, je fonce. Le sentier dans les champs puis en sous bois devient moins boueux et je peux élever la vitesse. Peu après, les dunes de boue, j’aperçois l’olympus (mur incliné avec des trous, prises d’escalade et chaîne à ne passer qu’avec les mains) que je franchis aisément. Juste derrière se dresse le mur d’escalade horizontal appelé Z WALL. Je pratique pas mal l’escalade mais aujourd’hui les conditions dramatiques apportent une difficulté accrue. Très vite, je n’arrive plus à caler mes mains et plutôt que de m’acharner en vain, je file aux burpees. Après ceux-ci, je relance comme je peux. A ce moment je suis seul dans les sous bois sinueux mais peu à peu je reviens sur un petit groupe devant moi.

En outre, la répartition des obstacles est vraiment bien pensée. Maintenant , place aux obstacles de force avec un tirage de pneu à remonter à l’aide d’une corde. Celui ci me donnera un peu de fil à retordre mais avec un peu de technique j’ai réussi à gagner des places. Juste après, j’ai tâché de limiter la casse sur le porté sur sac de 25kg sur 500 à 700m environ. Avec les entraînements réguliers en situation, je sais quelle intensité maintenir pour ne pas me mettre dans le rouge sur cet obstacle et je ne m’affoles pas quand 2 coureurs plus lourds que moi me dépassent. Je les reprendrai juste après en course à pied. Puis arrive le cargo net et un nouvel obstacle à burpee, le javelot. Le javelot et moi c’est une grande histoire d’amour ^^ et je dois dire qu’en France, la réussite intervient grandement du fait de l’absence de cellophane et du nombre de sangles trop importants pour maintenir la paille. Bref les stands ne sont pas au niveau de nos voisins européens. Qu’importe c’est la même chose pour tout le monde. J’avais repéré mon spot le matin en arrivant et je file dessus sans réfléchir alors que les deux coureurs devant moi viennent d’échouer. Dans la semaine, j’ai juste effectué 300 jets pour me conditionner. Cependant, la mécanique s’enraie un peu car la corde s’est nouée. Je règle le souci et je laisse mon corps effectué les gestes répétés maintes fois. Comme souvent le javelot part bien avec la bonne force et ce coup ci se plante en plein milieu proprement. Nickel, j’ai enfin évité ces foutues sangles et la chance me sourit. Et hop 8 places de gagnées. On m’avait annoncé à la 22ème place à la mi-course et cette nouvelle réussite me galvanise. Je fonce dans les montées descentes abruptes très glissantes. Ensuite, je me baisse sous le ramping et je dois zigzagué entre les derniers coureurs de la super. Je rage un peu car mon tee shirt se prend souvent dans les barbelés placés très bas. Aussi je perds un peu de temps. Il en sera de même sur le tirage de la brique où se frayer un passage n’a pas été chose aisée. La chaîne me broie les doigts mais j’ai la rage, je tire tout ce que je peux. Mon petit gabarit ne joue pas en ma faveur mais je me bas. Néanmoins 2 coureurs me remontent. J’accuse un coup de mou et je n’arrive pas à crawler sur les 30m de natation qui suivent. Ca sera donc récupération en brasse indienne à la 7ème compagnie.
En haut de la butte suivante, je monte le pneu du hercules hoist à l’aide d’une corde. Contrairement à l’an passé, ils pèsent moins lourds et j’évite ainsi les burpees. Je m’efforce de garder le contact avec le coureur qui vient de me rejoindre. Après m’être écraser tel un moustique par deux fois sur le grand mur, je réussis quand même à le passer. Je dévale aussi vite que je peux la pente abrupte pour restituer mon code. Ouf ça passe ! Je donne tout car l’arrivée est proche. Je commence déjà à nettoyer mes mains car je sais que le rig va faire des ravages. J’arrive en même temps que deux coureurs qui prennent les 2 voies prévues pour les élites. J’en profite pour m’essuyer les mains contre les barreaux. Les deux coureurs tombent très vite et filent aux burpees. Derrière, je me lance sans tergiverser. Ca passe ou ça casse : ça ne sert à rien de perdre du temps !
La barre latérale franchie aisément, j’attrape les deux cordelettes et mes mains glisses mais heureusement elles sont retenues par les nœuds…ouf, je tractionne pour remonter sur les barres et je sais qu’à ce moment c’est gagné si je reste concentré. J’attrape les barreaux montants descendants et j’accroche les anneaux étonnamment secs. J’assure le coup avec les derniers barreaux avant de faire retentir la cloche. Je sprinte jusqu’à l’arrivée avec un sentiment de fierté.

Enfin, j’ai réussi à faire une Spartan comme je le voulais en venant à bout de 8 mois de blessures. J’ai beaucoup apprécié cette belle course.

J’ai aimé :

La répartition des obstacles sur le parcours, les obstacles même si un twister et la montée de corde n’auraient pas été de trop sur la sprint, la compétition, revoir tous les compétiteurs, les marshalls et bénévoles, le retrait rapide des dossards , la consigne.

J’ai moins aimé :

Les ravitaillements très peu fournis, le temps pluvieux, la boue épaisse, l’absence de différenciation visuelle pour les élites, le stand de javelot, le parking payant, les douches froides avec un jet quasi inexistant.

Je remercie Léo et la team bulkpowders, mes amis, ma famille, l’Orange Bleue Mayenne, Nutrisens sport, accessoires running ainsi que La Frappadingue pour leur soutien.

Pour ma part, je dois vite récupérer car samedi prochain les Championnats d’Europe Spartan en Andorre m’attendent. Vues les conditions dantesques annoncées, ça ne sera pas de la rigolade.

A très vite !
ENJOY !

Mathieu Claustre

Quand il n'enseigne pas en école primaire, Mathieu est obstacle racer et il nous fait la joie d'être chroniqueur pour obstacle.fr

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