Par Sèb Desbenoit, fondateur et rédacteur d’Obstacle.fr.
La boue fait partie du plaisir de nombreuses courses à obstacles. On glisse, on rampe, on en ressort difficilement reconnaissable. Pour en profiter, quelques réflexes sont utiles : regarder où l’on met les pieds, éviter d’avaler l’eau boueuse et prévoir de quoi se nettoyer après l’arrivée.
Tu peux rentrer couvert de boue. L’objectif est surtout d’éviter d’en avaler et d’en mettre partout au moment de manger.
Avant de partir, prépare aussi l’après-course
Dans ton sac, prévois :
- Une tenue complète de rechange, sous-vêtements compris.
- Une serviette et des chaussures sèches.
- Un sac pour isoler les affaires sales.
- Du savon et de l’eau propre pour un premier nettoyage si les installations sont limitées.
Vérifie les équipements annoncés par l’organisateur : rinçage, douches, vestiaires et points d’eau potable. Un tuyau destiné à débarrasser les chaussures de leur boue n’est pas forcément un point d’eau où boire.
Garde tes affaires propres à l’abri des projections. Tu apprécieras de retrouver une serviette sèche plutôt qu’un deuxième obstacle dans ton sac.
Dans la boue, regarde où tu avances
Une fosse boueuse peut masquer un trou, une pierre ou un changement de profondeur. Entre par l’endroit prévu, respecte le sens du passage et laisse de l’espace à la personne devant toi.
N’improvise pas de plongeon tête la première dans une fosse dont tu ne vois pas le fond. Pour ramper ou glisser, suis la position et les consignes données sur cet obstacle.
Si tu ne distingues pas la sortie ou si quelqu’un bloque le passage, attends et demande une indication au bénévole.
Évite d’avaler l’eau et les projections au visage
La boue et l’eau du parcours peuvent contenir des microbes. Une enquête menée après une course au Nevada a notamment relié des infections digestives à l’ingestion involontaire d’eau boueuse. Le geste utile à retenir est simple : éviter autant que possible d’en avaler. Enquête des CDC
Garde la bouche fermée lors des projections et évite les immersions du visage qui ne sont pas nécessaires au passage. Les batailles de boue dirigées vers les yeux ou la bouche des autres ajoutent une exposition dont on peut se passer.
Pour boire, utilise ton eau potable ou celle des ravitaillements prévus.
Au ravitaillement, pense à tes mains
Avant de prendre un aliment avec les doigts, lave-toi les mains avec de l’eau propre et du savon lorsque c’est possible. Une main essuyée sur un tee-shirt boueux reste sale.
Le gel hydroalcoolique ne remplace pas ce lavage lorsque les mains sont couvertes de terre ou de boue. Les CDC recommandent alors de privilégier l’eau et le savon. Lavage des mains
Pense aussi à ce que tu portes à la bouche : évite de poser l’embout de ta gourde ou ton ravitaillement directement dans la boue.
Une coupure ou une gêne pendant la course ? Passe aux secours
Si tu te coupes, si une plaie se salit ou si une projection provoque une gêne importante dans un œil, signale-le au bénévole et demande l’aide du dispositif de secours.
Tu n’as pas à attendre l’arrivée pour demander un avis. L’équipe pourra examiner la situation et t’indiquer la suite adaptée.
Après l’arrivée, nettoie-toi avant de prolonger la fête
Profite des installations prévues pour te rincer, puis lave-toi dès que possible. Change les vêtements mouillés et mets les affaires sales dans leur sac.
Avant le sandwich d’arrivée ou le repas entre amis, prends surtout le temps de te laver les mains au savon. La photo souvenir peut attendre quelques secondes.
En rentrant, sors les vêtements et les chaussures du sac pour les nettoyer et les faire sécher selon leurs indications d’entretien.
Si des symptômes apparaissent dans les jours suivants
Si des troubles digestifs importants ou persistants apparaissent, demande un avis médical. Une diarrhée avec du sang doit notamment conduire à consulter rapidement. Précise que tu as participé à une course dans la boue et indique si tu as avalé de l’eau pendant le parcours. Cette information peut aider le professionnel de santé. Recommandations des CDC
Si plusieurs personnes de ton groupe présentent des symptômes semblables, informe également l’organisateur. Ce signalement complète la consultation ; il permet de rapprocher les informations sans conclure soi-même à leur cause.
Le chiffre à garder en tête
Un peu plus d’un participant sur mille a besoin de soins au-delà de l’événement. Le transport par les secours concerne environ un participant sur 4 000.
Ces ordres de grandeur proviennent d’une étude portant sur 73 366 départs lors de 33 courses Spartan au Canada entre 2015 et 2017. Ils rejoignent les chiffres de prise en charge communiqués à Obstacle.fr par un panel d’organisateurs.
Ils décrivent les prises en charge recensées pendant les événements, sans mesurer toutes les infections pouvant apparaître dans les jours suivants. La fiche Blessures et soins en course à obstacles en explique la portée.
Sources : CDC, enquête sur une course au Nevada et recommandations sur le lavage des mains ; Rabb et Coleby, 2018 ; Sébastien Desbenoit, « Sécurité & blessures en course à obstacles ».


