Sécurité des courses à obstacles : ce que les fédérations peuvent faire concrètement

Par Sèb Desbenoit, fondateur et rédacteur d’Obstacle.fr.

Que doit vérifier un organisateur avant d’ouvrir un obstacle ? Que doit savoir le bénévole qui le surveille ? Que fait-on lorsqu’une protection se déplace après trois cents passages ?

Une fédération peut aider à répondre à ces questions. Elle peut fournir des outils communs, former les équipes et faire circuler les enseignements des incidents. Voici les évolutions que je défends pour la course à obstacles.

Fournir une fiche de contrôle par famille d’obstacles

Pour une suspension, la fiche pourrait inviter l’équipe à examiner les prises, les liaisons, la trajectoire d’une chute et la zone de réception. Une personne qui lâche en mouvement ne tombe pas forcément à la verticale de la prise.

Cette fiche devrait aussi aider à vérifier que la zone de passage, celle de chute et la sortie ne se croisent pas. Elle préciserait les points à surveiller pendant l’événement : protection qui bouge, élément qui se desserre, réception qui se dégrade.

Elle indiquerait enfin quand interrompre le passage et qui contacter. Elle ne remplacerait ni les calculs nécessaires, ni une inspection par une personne compétente. Son intérêt serait de rendre les vérifications de terrain plus faciles à préparer et à transmettre.

Donner aux bénévoles des consignes utilisables

Prenons un toboggan. Qui regarde la réception ? Comment cette personne indique-t-elle que le participant précédent a dégagé ? Qui autorise le départ suivant ? Quel signal signifie « on arrête » ?

Une fiche courte peut répondre à ces questions avant l’arrivée des premiers coureurs. Les fédérations pourraient proposer des modèles par famille d’obstacles, à adapter au parcours et au dispositif de chaque organisation.

Le bénévole devrait connaître sa tâche, son interlocuteur et la conduite à tenir lorsqu’il ne voit plus correctement la zone qu’il surveille. La fiche bénévoles détaille ces situations.

Examiner l’eau selon son usage

Un gué, une traversée à la nage et une arrivée de toboggan dans l’eau ne demandent pas la même préparation. Il faut regarder la profondeur, la visibilité, l’entrée, la possibilité de perdre pied, la sortie et les moyens d’intervention.

Voir la surface ne suffit pas à garantir que l’on peut repérer une personne immergée, l’atteindre et l’extraire. Il faut aussi pouvoir empêcher les participants suivants de s’engager pendant une intervention.

Une fédération peut aider les organisateurs à préparer ces questions avec les professionnels concernés et à identifier les obligations applicables. Pour préparer ta participation, consulte la fiche eau et natation.

Préparer l’interruption d’une compétition

Pendant un sprint, une protection se déplace. Qui interrompt les départs ? Qui effectue la vérification technique ? Qui autorise la reprise ? Comment traite-t-on les temps et les passages concernés ?

Ces décisions gagnent à être préparées dans les compétitions encadrées par la fédération. Elles évitent de demander à un bénévole de trancher seul, sous la pression du chronomètre.

Les procédures doivent distinguer l’alerte, la décision sportive et la vérification technique. La fiche arbitres aide à clarifier ces interfaces.

Prévoir des outils pour les parcours enfants

Sur un parcours enfants, la préparation concerne aussi un enfant qui s’arrête en hauteur, une réception encombrée ou des parents qui veulent intervenir en même temps.

Des supports spécifiques pourraient expliquer comment accompagner une descente, à qui signaler un enfant bloqué et comment interrompre les passages. Les consignes données aux parents devraient préciser leur place et les formes d’aide autorisées.

L’âge annoncé ne répond pas à toutes les questions : l’aisance, l’envie et les possibilités d’accompagnement comptent aussi. La fiche enfants aide les familles à choisir.

Partager les incidents et les corrections

Une protection qui glisse mérite un retour, même si personne ne s’est blessé. Un compte rendu court pourrait décrire les conditions, le problème observé, l’arrêt éventuel et la correction apportée, avec des photographies utiles et sans données personnelles inutiles.

Faire circuler ces retours permettrait à d’autres équipes de vérifier leurs propres installations. Le nombre brut de blessures ne suffit pas à expliquer ce qui s’est passé ni à choisir une correction.

Le repère pour comprendre les prises en charge

Un peu plus d’un participant sur mille a besoin de soins au-delà de l’événement. Le transport par les secours concerne environ un participant sur 4 000.

Ordres de grandeur observés sur 73 366 départs lors de 33 courses Spartan dans l’Est du Canada entre 2015 et 2017. Étude de Rabb et Coleby, 2018.

Ces ordres de grandeur issus de l’étude canadienne rejoignent les chiffres de prise en charge communiqués à Obstacle.fr par un panel d’organisateurs de courses à obstacles.

La fiche blessures et soins précise leur périmètre. Ces données ne permettent pas de classer les organisateurs selon leur sécurité.

Ce que je défends

Je défends des outils construits avec les organisateurs, les concepteurs, les arbitres et les professionnels des secours, utilisables sur de petites comme de grandes manifestations. Leur utilité doit se voir sur le terrain : une réception mieux préparée, une alerte mieux transmise, une intervention facilitée.

Ces propositions éditoriales ne décrivent pas des dispositifs déjà en place partout. Elles ne remplacent pas les obligations applicables. Elles visent à améliorer les pratiques tout en conservant la diversité des courses.

Source : Sébastien Desbenoit, « Sécurité & blessures en course à obstacles », septembre 2026. Chapitres 10, 13, 14 et 15.