Gladiator Run : dans la boue de Vossem

Comme un pèlerinage, nous nous sommes allés avec Boris Boué à cette Gladiator Run Mud édition, course belge de fin de saison. Bien que je m’y rende chaque année, elle ne m’a jamais réussi. En effet, la première fois, j’avais subi mon premier abandon et l’an passé ça c’était terminé dans l’ambulance suite à une hypothermie. Il y fait froid, humide et le paysage n’est vraiment pas le plus beau que j’ai pu croiser. Bref je dois être maso.

Après la visite la veille du centre de Bruxelles, la gaufre, le thé, la bonne soirée, nous rejoignons le parking gratuit toujours situé aussi loin du petit village. En discutant avec mes camarades, le chemin m’a presque semblé moins long. Une fois arrivé, nous retirons très rapidement le package coureur dans la grande tente chauffée prévue pour parer aux rudes conditions hivernales. L’organisation est très bien rodée à ce niveau et les années précédentes, les coureurs le recevaient même à la maison par voie postale. Celui-ci comprend 2 bracelets jaunes pour les pénalités, 1 bracelet à accrocher au sac pour la consigne et une chasuble jaune pour les compétiteurs ainsi que la puce à accrocher autour de la cheville.

De plus, j’ai adoré recevoir cette chasuble de couleur vive avec les numéros écris en gros devant et derrière. En effet, cela permet aux marshalls d’identifier directement les concurrents et de noter le numéro des resquilleurs pour les disqualifier. Et oui ça ne rigole pas en Belgique et à mon sens ça devrait être généralisé. Par ailleurs, je dépose mon sac dans la même tente chauffée : j’ai vraiment apprécié ne pas avoir à changer de lieu.

Pour information, sur la Gladiator Run, les obstacles sont obligatoires donc si au bout de 3 essais, vous ne réussissez pas à le franchir, les juges présents sur chaque atelier vous retire un bracelet. Après 2 obstacles manqués, vous êtes éliminés du classement. Ainsi, le premier arrivé avec ses 2 bracelets gagnent la course.

Après mon échauffement personnel (pas de collectif prévu, ça ne me dérange pas), je me place en première ligne dans le sas de départ. En effet, j’ai repéré que c’était très serré et je ne voulais absolument pas prendre de retard lié à des bouchons éventuels.

La course

Le départ fut étrangement annoncé en catimini. Ainsi, il fallait être concentré pour entendre la bande son avec le décompte en anglais. Je pars assez rapidement sur ce parcours très plat et plutôt sec malgré quelques petits passages boueux. Pour une fois, le soleil est au rendez-vous et le vent peu présent : la course s’annonce agréable. L’organisation aura eu la bonne idée de nous épargner des passages dans l’eau ou dans la boue gelée ; sans doute pour limiter les risques d’hypothermie.

Assez rapidement, je me fais dépasser par une quinzaine de coureurs et je sens que je jouerai au mieux un top 20 voir 15. Je ne m’affole pas et je conserve mon rythme de course en gérant les premiers obstacles : bottes de paille pour étirer le flot, des murs et quelques structures aussi simples que dangereuses de par leurs hauteurs (4 à 5 m). Cependant sans la variable boue, je me sens beaucoup plus en sécurité que les années précédentes. Aussi, j’éprouve de meilleures sensations en course à pied qu’auparavant. Je parviens donc à tenir une allure conforme à mon niveau. Mon objectif est de rester au contact de Jérémy, camarade avec qui nous sommes venus. Malheureusement, à chaque obstacle, il me met 5 mètres dans la vue et je me fatigue à recoler.

À mi-course, après quelques obstacles de grip, un porté de sac assez court et d’autres structures à grimper en bois, il me décroche inexorablement petit à petit. Pourtant, ce parcours plat et roulant me correspond bien. Cependant, je constate à mes dépens que le niveau a vraiment augmenté depuis l’an passé. Ainsi, même en envoyant tout ce que je peux, je ne reviens que difficilement sur les coureurs me précédant.

Niveau obstacles, en cherchant bien, hormis le plan incliné, je n’ai sincèrement craint à aucun moment de perdre mes bracelets. Des ateliers de grip beaucoup plus complexes pour cette course qualificative pour les championnats d’Europe et du monde pourraient être intéressants ainsi que davantage d’obstacles de porté ou de force.

La planche irlandaise à 2m, la palissade palette en bois sans bas à 2m environ qu’il fallait passer qu’avec les mains, la structure avec les anneaux à la Ninja Warrior seront les obstacles les plus marquants. La fin de course approche et je donne tout ce qu’il me reste pour rattraper les 2 coureurs de devant. Après le passage dans le marais, je monte à la corde pour toucher une bouteille en plastique puis je dois me reprendre à deux fois pour franchir le plan incliné ultra glissant. Sur le second essai, je me jette et réussis à accrocher une main en haut non sans avoir perdu 1 place.

Je fonce sur le dernier obstacle à savoir un mur incliné à escalader à l’aide de deux bouts de bois à insérer dans des trous. A ce moment-là, je suis dans le rouge et je ne pense qu’à une chose : arriver le plus vite possible en haut. Je mets les genoux pour aller encore plus vite sauf qu’une fois en haut, les marshalls m’annoncent qu’il faut redescendre car je n’ai pas effectué la montée selon les règles…euh…ils ne pouvaient pas me le dire avant???!!! Je m’execute et je repasse une seconde fois la structure : cette « erreur » m’aura couté 4 places de plus (et oui vue la densité, ça va vite !)

En outre, les règles devraient être rédigées avant et envoyées par mail aux compétiteurs car nous n’étions pas au courant et je ne comprends rien au hollandais. L’inscription en anglais rajoutée au marqueur en tout petit était illisible en situation de course. Dommage !

Pour couronner le tout, je m’accroche dans le sprint finale sous le barbelé, ce qui me coûtera la perte d’une place supplémentaire. Finalement, je finirai à la 25ème place (en attente des possibles éliminations mais j’en doute) en 1h10 assez content de ma course mais un peu déçu par ce finish chaotique.

C’est comme ça ! On me remet ma médaille finisher et je file récupérer mes affaires pour prendre une douche tiède sous une tente prévue à cet effet. Après coup, j’ai vraiment passé un bon moment : l’ambiance a été au top entre coureurs et on s’encourageant tout au long du parcours quand on se croisait. Bel état d’esprit !

J’ai aimé :
Le parcours plat et le peu de boue, les chasubles , les marshalls et le côté très sérieux de la compétition, le nombre d’obstacles, les tentes chauffées, le retrait rapide des dossards, la solidarité et les bons moments passés entre coureurs partageant une même passion.

J’ai moins aimé :
la difficulté des obstacles, l’arrivée en ramping, le paysage, le parking lointain.

Je remercie :
Mes partenaires : l’Orange Bleue Mayenne, Nutrisens Sport, la MayDay Ocr Mayenne, accessoire running.
Mon nouveau coach : Arnaud Jacquot spécialiste ocr que je félicite pour l’obtention de son diplôme de préparateur physique. Grâce à lui, je viens de battre mon record 10km en très peu de temps. N’hésitez pas à le contacter pour des programmes de coaching à distance personnalisés !
Angélique et Boris pour le séjour, les encouragements et les photos.

Je salue : ma famille et mes amis qui me soutiennent, les racers que j’ai croisé ce week-end et les membres de ma team OCR Bulkpowders.

Cette course sonne la fin de ma saison OCR 2017et je vais poursuivre ma préparation pour la Spartan Race de Valmorel fin janvier. Par ailleurs, il me reste le Ménestrail 20km 800d+ début décembre.

Je vous souhaite à tous une bonne fin d’année 2017 et sportez-vous bien !

ENJOY !

Mathieu Claustre

Quand il n’enseigne pas en école primaire, Mathieu est obstacle racer et il nous fait la joie d’être chroniqueur pour obstacle.fr

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