D-Day Race, l’analyse d’Hugo Steiner

En tant que coureur « Elite » de course à obstacles et professionnel du marketing sportif, je propose aujourd’hui ma vision de la course D-Day Race pour laquelle j’ai pu prendre le départ samedi matin (28 mars 2015) à 6h24.

Motivation

Dans le milieu des courses à obstacle depuis 2 ans, et statut « élite » depuis 1 an j’essaie de faire toutes les courses possibles. Ayant fait plusieurs fois toutes les distances des Spartan Races en France et à l’étranger, la StrongMan Run, plusieurs Mud Day et d’autres courses moins connues au Canada – le concept de la course, le positionnement marketing global et l’expérience événementielle de Hugo Events m’ont attiré. J’ai donc réussi à motiver des amis pour monter une team et partir à l’expédition du pays normand. Je ne me suis malheureusement pas inscrit comme d’habitude en SAS élite, j’ai trouvé le pris trop cher (100 euros) pour effectuer une course d’autant plus « non chronométrée ».

Le retrait dossard

Plutôt facile d’accès, une équipe d’accueil par des bénévoles plutôt chaleureux. Je mettrai un bémol seulement sur un point : distribution de la médaille de la course lors du retrait dossard. Même les participants non compétiteurs (et surtout eux) sont fiers lorsqu’ils terminent ce genre de course, et la fierté est d’autant plus matérialisée par la remise d’une médaille lors du passage de la finish line. La médaille qui visuellement a un design plutôt joli, est assez « cheap » et parait fragile lorsqu’on la regarde de plus près… mais ce n’est qu’un détail.

Le départ

Je suis parti en bateau. Selon moi faire la D-Day et partir de la plage perdait tout son sens. J’émettais des inquiétudes en terme de logistique pour les départs de bateaux tout en respectant le timing. Opération plutôt bien réussie et vraiment spectaculaire orchestrée par Hugo Events. Il faisait vraiment pas chaud dans les bateaux, on avait tendance à se plaindre du froid et appréhender notre saut dans l’eau… puis on a vite repensé aux combattants il y a 70 ans qui eux s’apprêtaient à débarquer avec un sac de 30 kilos, des rangers et des balles fusantes devant eux.

Bémol pour cette zone de départ : pas de toilettes disponible à moins de se faire une très belle marche jusqu’au village placé assez loin. Le public masculin a pu se débrouiller, mais un peu plus contraignant pour les femmes.

Sas Elite

Comme évoqué précédemment… Je n’ai pas compris l’avantage dont bénéficiaient les personnes du sas élite : pas de départ privilégié, pas de chronomètre, pas de prestations supplémentaires. Un grosse erreur de l’organisation qui va je pense, recevoir beaucoup de plaintes et demande de remboursement à ce sujet. Très fier par contre de ne pas avoir souscrit au SAS élite.

Le Village

Trop éloigné du départ et de l’arrivée. Une volonté de l’organisateur de le rendre un peu vivant avec la présence d’une scène pour remise de trophées, podium, musique, placement de food-trucks de chaque coté. Cependant l’arrivée était trop éloignée… et personne ne repassait au village par la suite.

La course

Une très belle course. On en prend plein la vue dès le départ en sautant dans l’eau, en courant tant bien que mal vers la plage avant de courir au moins 500 mètres sur plage avec quelques obstacles : le ton est lancé. Un paysage très varié plage / ville / campagne qui est fortement appréciable, et un rythme plutôt plaisant avec au final très peu de courses entre chaque obstacle : la répartition des distances entre chaque obstacle a été bien faite.

Les obstacles

Les obstacles étaient accessible par tout le monde pour un large public. Un seul obstacle où il fallait porter du poids, sinon même les murs à escalader avaient des prises pour ceux n’arrivant pas à le sauter avec la simple poussée des bras sur le haut.
Très grande variété d’obstacles dont certains plutôt originaux (construction en bois sans lumière à l’intérieur, on y entrait en rampant, devait passer 2 murs à l’intérieur et ressortir en rampant) – ou encore une véritable ferme dans les champs avec des obstacles en paille à l’intérieur (comme dans les films).

Bref, très réussi à mon gout de ce côté là, même si j’adore le challenge de force sur les Spartan Races : de bons obstacles sympas et beaux paysages associés.

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L’arrivée

Il y en avait une ??? Grosse déception après une telle course d’obstacle. Pas d’arche d’arrivée, rien pouvant symboliser une arrivée sauf les 3 bénévoles nous indiquant qu’on était arrivé et qu’on pouvait poser pour une photo si on voulait bien. Pas de musique non plus… rien de fou pour cette arrivée très triste au final. On était finalement beaucoup moins fiers d’avoir survécu à ce « débarquement « .

Le ravitaillement était plutôt sympa… pas de médaille de fin, t-shirt Finisher ou autre…. mais des tartines de fromage, du pâté, gâteaux et fruits 🙂

Enfin l’arrivée était vraiment trop loin, au milieu de nul part. Pas un grand problème en soit, sauf que pour avoir des vestiaires, d’hypothétiques douches (je ne les ai pas trouvé) ou d’autres prestations il fallait revenir au village : presque 1 km à pieds si je ne me trompe pas.

Une arche à l’arrivée n’aurait pas été dure à mettre en place, ainsi que des tentes pour des vestiaires ou des petits systèmes de douches.
Fort manque d’ambiance sur cette arrivée. == > c’est comme un repas. On se souvient du début, un peu du milieu et beaucoup de la fin avec le dessert. On reste un peu sur notre faim ici.

Ambiance générale

Plutôt bonne ambiance. Les bénévoles souriants et accueillants tant sur le village que sur l’encadrement de la course. Manque sérieux « d’ambiance ++ » avec de la musique sur le parcours par exemple ou sur la fin.

Conclusion

difficulté globale : accessible à tous, pas de grosses difficultés particulières. Bons obstacles et rien d’« insurmontable ».
organisation : beaucoup de points à améliorer. Un beau produit au départ, à travailler pour le rendre brillant.
conseil : outre les différents conseils évoqués au dessus, il faut absolument résoudre la question du SAS élite.

Je la referai ? certainement si tous mes points évoqués sont améliorés, qu’un classement voit le jour et que la prestation soit à la hauteur du prix de participation.

 

Hugo Steiner

Hugo Steiner participe aux courses à obstacles dans les vagues « Élite » et c'est également un spécialiste du marketing du sport.

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1 commentaire

  1. 27 avril 2015

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