L’OCR European Championships en Elite

Le 12 Juin était LA date attendu pour toute la communauté OCR, car les Pays Bas accueillait la première édition des OCR European Championships.

Les organisateurs avaient annoncé quelques semaines auparavant, avec beaucoup d’ambition, de proposer une course d’un niveau égal voire supérieur au OCR World Championships. Pour rappel, pour se qualifier dans la vague élite, il fallait terminer dans le top 10 d’une course qualificative au cours de l’année.

C’est donc à l’abord de la ville de Nimègue dans une agréable base de loisirs que les OCR EC avaient lieu. La compétition était en partenariat avec la franchise Strong Viking, les élites, les classes d’âges et les vagues opens ont donc pu évoluer sur des obstacles appartenant à cet organisateur et des obstacles exclusifs misent en place pour le championnat.

Le village OCR EC

La présence des formats de la Strong Viking sur le même lieu de course a permis aux organisateurs de proposer uniquement des structures d’accueil, retrait de dossard et zone de massage. De nombreux stands de partenaires et sponsors étaient présents, mais on utilisait les consignes, douches et vestiaires de la Strong Viking. Ce choix s’est révélé efficace car il n’y avait pas de distinction entre les participants OCR EC et ceux des autres courses donc toutes les formalités se sont déroulés avec fluidité malgré la barrière de la langue.

Les règles

Tous les coureurs disposaient d’un bracelet bleu : « Conquered All Obstacle ».

On pouvait essayer chaque obstacle autant de fois que l’on souhaitait, si on échouait, le bracelet était coupé et on était plus éligible aux récompenses. Une pénalité de 10 min s’appliquait alors sur notre temps de course et elle s’additionnait en cas de nouvel échec.

bracelet

On ne pouvait pas éternellement réessayer chaque obstacle puisqu’un Weaver (coureur balai) était chargé d’appliquer un rythme de course minimum. Se faire rattraper déclenchait donc une pénalité.

Chaque passage d’obstacle était rigoureusement contrôlé par des Marshall disposés en nombre sur tout le tracé. Le règlement complet avait été envoyé à chaque coureur avant la course pour éviter toute confusion.

Le terrain

La base de loisirs ressemblait à la configuration de celle de Jablines en France. Des sentiers artificiels ou des chemins en forêts autour d’un lac sans dénivelée particulière et sans une semaine de précipitation  donc un terrain plutôt sec, permettant une récupération ou une relance entre chaque obstacle. Les ravitaillements et équipe de secours étaient disposés en nombre suffisant.

Dans un souci d’équité les départs ont été donné par vagues de 10 personnes toutes les minutes. Cela a permis de n’obtenir aucune gêne au départ et une fluidité sur les différents franchissements. Malgré ces précautions quelques files d’attente sont apparus sur certains obstacles.

La course

Après un discours de Mr Mouse (fondateur de la Tough Guy) et sa salutation écossaise (si il l’a fait, c’était… particulier…) le départ se faisait sous l’arche du Start de la Strong Viking. Après avoir franchi le Valhala Wall (palissade) on entre dans le vif du sujet aux côtés des 9 neuf autres coureurs de toutes nationalités européennes.

Après un premier Rope Climbing (monté à la corde) pour se mettre en jambe, un long sentier forestier nous a amené vers une Mud Aréa (zone de boue) ou les Rolling Mud (Monticule de boue) et autres Mud Crawling (rampés) nous attendaient, les bassins entre les Rolling Mud se composaient d’une boue épaisse et collante. Derrière ça, une poutre améliorée testait les capacités d’équilibre des coureurs.

UFO

Ensuite un retour vers le lac nous permettait d’aborder l’halfpipe : Storm The Castle, puis un second Rope Climbing (montée de corde), avec au milieu de la corde, une galette en bois et un franchissement de la poutre tenant l’ensemble (UFO). Une traversée à la nage nous a permis d’atteindre la structure pour tenter le fameux Flying Ragnar (Trapèze suspendu servant à atteindre une cloche pour validation) :

ragnar

Une fois sortie du lac on traverse le container Ice Man (Bassin d’eau glacée) pour aller en direction du premier obstacle exclusif au championnat le Monkeys Steps (Monkey Bar + succession de corde + Monkey Bar) pas le temps de soufflé puisque le premier Sandbag Carry se présente sur un parcours dans le sable avec obstacles à franchir.

Sandbag one

Monkeys Step

On continue les festivités avec l’ascension d’un escalier sur un échafaudage qui nous amenait au sommet du Fjord Drop (15m) pour un décollage direction le bassin de réception. J’aurais payé pour le refaire !

Flying

Mais les joyeuses émotions ont été de courte durée puisque le deuxième obstacle exclusif, a commencé à faire le tri entre les coureurs. En effet l’Ultra Combi a commencé à épuiser les participants en les maintenant en cochon pendu sur une succession de corde et filet. En contournant le lac on a sauté le Viking Jump, en escaladant une structure à 5 mètres de la surface du lac. Un retour à la nage nous a permis de continuer le tracé en empruntant des bordures de champs.

monkeys one

Une succession de 3 Wall (Palisade, mur inversé, mur incliné) nous a conduit vers le Gunnor Struggles ; le principe de cet obstacle est simple, on vous donne un bâton épais pour vous suspendre et vous déplacer entre deux rondins parallèles les pieds dans le vide. Encore un effort pour les bras et on enchaine avec le Thor Odysee : un Sandbag Carry avec obstacle à franchir dont le Strong Wall.

Ensuite, on a fait face à la traversée d’un bassin 25 mètres en cochon pendu ou autre technique…

C’est avec les bras tétanisés que l’on passe dans le Water Cage (Bassin d’eau recouvert d’un grillage) et Ramping Tunnel qui nous ont menés vers le Wall Rope Jump (Photo) pour une nouvelle ascension de corde.

Ensuite le Log Drag, (Trois buches attachées à une corde) devait être déplacé sur une courte portion pour arriver sur le Rope Stake (Succession de corde attachée à des poteaux pour passer de l’un à l’autre)

monkey final

Les premières douleurs commencent à arriver et une succession de marécage et de portion de nage nous a conduits vers le Tyre Flip (Pneu de tracteur à retourner) puis vers un Crawl Up (Rampé en côte) derrière ça une nouvelle structure mis en place pour le championnat le Monkey Crawl (Photos) a encore une fois nécessité une grande force pour être franchis.

Quand on pensait que c’était bientôt terminé un nouveau Rope Climbing XL nous a fait face avec une corde d’une grosse épaisseur. Sur les 100 derniers mètres le Weaver (Succession de rondins à passer dessus dessous) nous a conduit tranquillement vers le dernier Multi Rigs Monkeys (Corde + Filet + Anneaux + Monkeys Sabot) ou toutes nos dernières forces ont été nécessaires pour le surpasser et franchir la ligne d’arrivée.

Woooh, rien qu’à me relire je me dis que cette course était une folie, on est passé par toutes les émotions, l’excitation, la joie, l’appréhension, la colère, pour au final obtenir un dépassement de soi sans égal.

Bilan

On émettra tout de même une critique concernant l’organisation du départ à 10 coureurs. C’est fluide et respectueux pour eux, mais cela empêche aux spectateurs de constater les différents pelotons et finalement qui est en tête de la course. C’est également déstabilisant pour les coureurs qui ont l’habitude de partir ensemble pour appliquer leurs stratégies de course. Mais la bonne application du règlement et le niveau des athlètes ont eu peu d’incidence sur les résultats.

A noter également que la difficulté des obstacles et la possibilité de réessayer à former de longues files d’attente pour les vagues en classe d’âge et les vagues opens. Au vu des droits d’inscriptions on aurait pu espérer une meilleure gestion du flux des coureurs.

Sur les 617 participantes toutes catégories au final 40% ont terminé la course avec leur bracelet.

Cette course n’était pas insurmontable, bien sûr elle était beaucoup plus difficile que des courses françaises mais c’est aux athlètes et aux organisateurs français d’élever leur niveau pour favoriser le progrès des générations actuelles comme des futures.

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Geoffrey Nicolas

Du fun et de la performance, Geoffrey Nicolas nous partage ses chroniques d'Élite et de membre de la team Pride or Die

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