Une superbe première Winter Spartan

Reebok Spartan Race a lancé sa saison 2016 de la plus belle des manières. Samedi 23 janvier, 1 742 coureurs à obstacles se sont lancés sur les pentes enneigées de la station de ski de Valmorel en Savoie pour une épreuve de sept kilomètres et vingt-deux obstacles remportées par Eugenio Bianchi, Ilaria Paltrineiri et Marie Tedesco (les résultats).

Dans la course

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En plein cœur de la station savoyarde, la ligne de départ attend les coureurs. Valmorel bat pour la course et l’ambiance est superbe. Et si le froid a eu raison de la guitare du speaker, cela ne l’empêche pas de nous motiver au son du cri des spartiates : « Quel est votre métier ? Aroo ! Aroo ! Aroo ! ». Le décompte égraine les secondes puis les coureurs s’élancent dans la première descente de la course.

Cette première glissade n’est qu’un trompe l’œil : les quatre kilomètres suivants ne seront composés que d’une alternance de montées raides et de faux-plats. Ils nous emmèneront vers le point culminant de notre course à la Montagne de Tête à 1 828 mètres d’altitude. La première côte enneigée donne le ton et l’aide des mains est obligatoire.

Les élites dans la première côte

Après le passage du premier obstacle, un pan incliné, le test de mémorisation attend les coureurs. Le principe est simple. À partir des deux derniers chiffres de son dossard, les concurrents doivent mémoriser un code à restituer à quelques mètres de l’arrivée. Une pénalité et ses trente burpees sanctionneront tout oubli.

Un faux-plat donne du temps pour répéter le précieux code avant le prochain obstacle : un défi de force. Face aux concurrents, des pneus de tracteur sont allongés dans la neige. Patiemment, ils attendent que les femmes leur fassent faire une ballade en les retournant. Deux fois à l’aller, deux fois au retour. Pour les hommes, l’effort est à enchainer trois fois.

En guise de récupération, la montée se fait encore plus violente mais heureusement le premier point d’eau arrive. Pour éviter les déchets, Spartan a mis en place une signalétique originale avec vue sur les alpes. La pause est méritée. Les jambes commencent à faire mal. La neige, heureusement tassée par les premiers concurrents, rend le parcours encore plus difficile.

Après ce temps mort, un obstacle injuste attend les coureurs : la très glissante poutre. Non seulement, il faut faire preuve d’équilibre pour passer sur les troncs d’arbres mais les concurrents ont également besoin de chance. Une plaque de glace et c’est l’assurance de la glissade accompagnée d’une pénalité.

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La traversée du Z-Wall est un moment-clé des Reebok Spartan Race. Cet obstacle inspiré des murs d’escalades n’est pas techniquement difficile mais la concentration et l’agilité qu’il demande en font un piège à pénalité. Dans une course à obstacles blanche, la neige incrustée dans les chaussures n’aide pas et le soulagement se lit sur les visages au moment où tinte la cloche synonyme de réussite.

La fin de la montée est proche, malgré l’effort et la fatigue, le sourire est sur les visages avec le soleil qui perce à travers les nuages. Sur cette Spartan Race concourent Julien et Claudio. L’un est non-voyant, l’autre est son guide. Face aux épreuves, face à la difficulté, ils prouvent qu’une course à obstacles est un lieu pour se dépasser. Aller au-delà de ses limites. Ils ne le savent pas encore mais une standing-ovation les attend à l’arrivée.

À la surprise générale, un panneau indique aux participants qu’ils doivent former une boule de neige. Le traditionnel lancé du javelot est remplacé par cette version hivernale. D’apparence plus ludique, l’épreuve n’en est pas moins dure et peu de concurrents touchent la cible. Les trente burpees qui attendent les concurrents font très mal.

Les burpees, c’est la pénalité obligatoire des Spartan Race. Lors des vagues élites, les compétiteurs doivent respecter scrupuleusement les trente répétitions de ces pompes sautées. Dans les départs open, les juges et volontaires sont bienveillants et n’exigent parfois qu’une dizaine de burpees. Sur cette série de courses, les pénalités sont avant tout une contrainte psychologique pour aider les participants à remporter une victoire contre eux-même en les incitant à tenter et franchir tous les obstacles.

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La descente commence et avec elle arrive les glissades et les obstacles plus relevés. Le ramper de cette édition est rendu facile par le passage des premiers concurrents. Avec la neige qui se tasse, l’épreuve sous les barbelés devient un ventre-y-glisse en descente avec un peu d’aide des bras. Derrière arrive un mur de neige à franchir tout en vitesse. Mais, avec l’effort de la montée et la fatigue physique, cet obstacle en apparence facile se transforme en piège à crampes.

L’Atlas Lift suit de près. Les participants doivent porter une lourde boule de pierre sur un petit tracé. Avec le soleil, les images sont belles et la mythologie grecque honorée. Plus loin, un passage de palissade attend les coureurs avant de les emmener vers le deuxième et dernier point d’eau.

La descente finale emmène les concurrents vers l’Hercules Hoist conçu pour l’occasion à l’aide de dameuses. Lever les poids demande un bel effort mais le cadre enchanteur rend celui-ci supportable. Depuis le sommet, la vue est dégagée pour les chanceux partis dans les vagues après 10h30. Les sublimes paysages et le soleil rendent la course magnifique.

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Les traceurs de cette Winter Spartan Race ont décidé de ne rien épargner à leurs spartiates et entrainent la course dans le torrent Le Morel. La glace tout autour et dans le cours d’eau rend cette portion glissante et technique. Et si l’illusion est donné de pouvoir rester au sec, le parcours dirige rapidement les coureurs les pieds dans l’eau avant de les faire passer dans un mélange d’eau et de glace profond de soixante-dix centimètres.

Les pieds et les jambes sont gelés. Les organismes sont fatigués. Mais la ligne d’arrivée est en vue. Un dernier porté de sac de sable attend les coureurs avant de les emmener vers le stade d’arrivée chauffé à blanc par le speaker. Là, il faudra franchir le Spartan Rig, monter à la corde lisse, restituer son code de mémorisation et passer le dernier mur.

Le Spartan Rig est un enchaînement d’anneaux et de barres à passer à la force de bras. C’est un des obstacles signatures de Spartan Race. Un de ceux que l’on attend impatiemment et que l’on redoute en même temps. Avec la corde lisse, ce seront les deux seuls obstacles de bras en traction de cette spartan hivernale.

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L’arrivée est là. Derrière le dernier mur. Juste après le saut au-dessus du feu. Sept kilomètres et demi dans la neige, six cent quarante-trois mètres de dénivelé positif, vingt-deux obstacles pour vaincre un grand combat contre soi-même. En costume, des volontaires attendent pour remettre la médaille, envelopper les vainqueurs dans une couverture de survie et servir un chocolat chaud. La victoire est là.

Le bilan

À l'arrivée sourires et spartiates

Cette première winter Reebok Spartan Race s’est montrée digne des plus grandes courses à obstacles avec son terrible dénivelé, son tracé bien dessiné et des obstacles à la hauteur de l’événement. Il aura fallu à tous les coureurs puiser dans leurs ressources pour terminer cette épreuve aussi difficile physiquement que mentalement.

Avec cette formule à gros dénivelé, Spartan Race semble avoir trouvé un parfait équilibre pour séduire les personnes à la recherche du dépassement de soi : des obstacles durs sans être impossibles ou violents, un tracé qui force les concurrents à puiser dans leurs limites et des juges qui savent être plus tolérants avec les vagues open. La performance qui fait battre le cœur de cette série n’est pas celle que l’on trouve dans la compétition mais celle qui poussent les concurrents à aller au bout d’eux-mêmes.

Pour améliorer l’expérience de course, Spartan Race pourrait compléter le ravitaillement final. Si le chocolat chaud est une excellente idée, une madeleine et une brioche ne sont pas suffisant en tant qu’éléments solides. Du côté des athlètes, l’investissement dans cinq caméras de surveillance semble un indispensable pour vérifier les burpees des dix premiers de chaque course sur les zones sensibles. C’est une technique qui existe déjà dans les Spartan Race aux États-Unis et qui a fait ses preuves. Enfin si la présence d’obstacles plus techniques à la Toughest est souhaitable pour le haut-niveau, l’est-elle vraiment dans une course qui a pour vocation d’aider toutes les personnes de bonne volonté à se dépasser ?

Enfin, L’arrivée d’une nouvelle épreuve en montagne, les 2 et 3 juillet à Morzine (74), est une excellente nouvelle pour la course à obstacles en France d’autant plus que les trois formats seront proposés : Sprint, Super et Beast.

La galerie d’obstacle.fr


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Cet article est dédié à Laurent Solera décédé il y a quelques semaines et frère de l’athlète Guillaume Solera.

Sèb Desbenoit

Rédacteur en chef d'Obstacle.fr, Sèb est un passionné de courses à obstacles. Des courses extrêmes à celles pour tous, vous ne le trouverez jamais dans les premiers mais toujours à l'arrivée.

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4 commentaires

  1. solera dit :

    merci pour mon frère
    merci pour moi
    à bientôt

  2. Salut Sèb,

    Super aventure également.
    Un évent juste magique pour ce début de saison. La neige bien présente, le bruit de cette même neige quand on court/marche dessus. Une ambiance top. Je partage ton point de vue également sur les points négatifs. J’suis juste dégouté de pas avoir pu courir la course car blessé. Mais j’ai pas voulu l’annuler, et heureusement car la médaille est tellement chouette. J’ai aussi eu le plaisir de courir et de faire volontaire le vendredi et samedi après ma course.
    Je t’ai juste aperçu sortir de ma zone de 10h15 quand j’suis rentré dedans a 10h13 avec ton chasuble Média.
    On se croisera sur un prochain évent. 😉

  3. L'HOTE Jérémy dit :

    Salut Seb
    Super article plein de vérités
    Je te suis sur L investissement en caméra !
    Une vraie super course organisée qui a fait autant souffrir que rigoler
    Encore encore encore !

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