Spartan Race de Valmorel, le bilan à froid

Il y a trois semaines, j’étais en Savoie, à Valmorel pour la Winter Reebok Spartan Race. À froid, cette très belle première édition a été riche en enseignements et ouvre de nouvelles réflexions sur notre discipline en France.

Des caméras pour une meilleure équité

Podium-feminin

Si Ilaria Paltrineiri a franchi la ligne d’arrivée devant Marie Tedesco, les résultats officiels annoncent une première place exæquo. À l’arrivée des élites, plusieurs coureurs sont venus me parler du « scandale des burpees » chez les premières féminines mais également dans les places d’honneurs masculines de la vague élite.

L’utilisation des burpees en tant que pénalité est une des marques de fabriques de Spartan. C’est aussi une de ses failles dans les vagues perfomers. Il y a quelques mois, Rémi Fantino participait à une Spartan Race Stadium aux États-Unis. Dans son compte-rendu, il raconte l’utilisation de caméra de type Go-Pro pour éliminer les soupçons de triche lors de cette course. En plus de la preuve finale, la seule présence des caméras serait d’ors et déjà dissuasive pour les compétiteurs.

Le modèle belge est une autre solution envisageable : là-bas, l’équivalent d’OCR France forme des juges qui font respecter les règles pour les vagues élites. Une collaboration entre l’association des coureurs à obstacles et les épreuves compétitives pourrait aussi être une piste intéressante ou complémentaire.

Quels sponsors pour les coureurs ?

Bastien-Floutage

Battlefrog, Toughest, Ruée des Fadas… Les séries de courses à obstacles se sont lancés massivement dans le sponsoring de team pour améliorer leur visibilité et posséder de véritables ambassadeurs. Bastien Bravais, deuxième de la course, est ambassadeur de la course française D-Day Race. Sur les images du podium relayées par la course, le visuel de ce sponsor particulier a été flouté par l’organisation. Une décision surprenante qui met en danger les athlètes en quête de partenaire.

Les explications viennent d’Olivier Castelli, directeur de Spartan Race en Europe : « La présence d’une course concurrente est tout à fait normale ! Mais Bastien arborait un flyer complet en tant que tee-shirt avec non seulement le nom de l’épreuve mais également la date et le lieu. Nous avons jugé que nous n’étions plus dans un cadre de sponsoring mais de publicité pure ». Dans les prochaines semaines, les participants de la vague élite recevront des directives claires concernant la présence du sponsoring sur les équipements des athlètes.

Performance aux championnats, un problème de philosophie ?

Dans-le-torrent

Cette Reebok Spartan Race présentait un terrible dénivelé. L’objectif de Spartan n’est pas être de faire des courses centrées sur la difficulté des obstacles  mais sur le dépassement de soi. Cette philosophie explique la longue distance des championnats du monde Spartan pour forcer les athlètes à se dépasser, à aller au-delà de leurs limites. C’est cet esprit qui justifie également les pénalités physiques : les burpees.

En France, Spartan Race est la seule série de référence en terme de performance. Les athlètes évoluant dans notre pays sont donc logiquement formatés pour cette série et son modèle d’épreuves mais également sur les distances proposées pour ses championnats européens et mondiaux. Toutefois, cette philosophie diffère de celle proposée par les championnats du monde de courses à obstacles où la difficulté des obstacles et l’obligation de les franchir sont les pierres angulaires. Les OCR World Championships ne sont pas les seuls à posséder cette vision : les championnats nationaux et les vagues élites des autres séries leaders sont basés sur ces mêmes principes. C’est à l’heure actuelle la vision majoritaire dans notre discipline.

La conséquence immédiate est naturellement déformation de notre discipline en France et cela n’est pas près de changer : aucune course sur notre territoire ne sera fidèle, en 2016, aux obstacles complexes et obligatoires. Il ne reste donc que le choix aux athlètes français de partir concourir à l’étranger pour espérer une performance aux championnats du monde indépendants.

Sèb Desbenoit

Rédacteur en chef d'Obstacle.fr, Sèb est un passionné de courses à obstacles. Des courses extrêmes à celles pour tous, vous ne le trouverez jamais dans les premiers mais toujours à l'arrivée.

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1 commentaire

  1. laura dit :

    Je suis pour les caméras. Ras le bol de se faire gruger par des tricheurs / tricheuses

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