Myriame Essalki raconte son ultrabeast Hawaï !

Vendredi 4 août, arrivée au Kualoz Ranch Hawaï Island : un rêve qui se réalise je suis à Hawaï. Je me pince, je ferme les yeux, je prends une grande inspiration afin de réaliser : j’y suis réellement ! ! !

L’air est humide et il fait une chaleur à couper les jambes. Ma vue, quant à elle, est magnifique. La grandeur des montagnes, la jungle de Jurassic Park me prend au cœur et me donne une sensation de bien être. Je me sens tellement bien qu’une idée folle m’envahit ! Et si je tentais l’ultrabeast ?

Mon ami Hartley Mr.Trifecta est inscrit sur l’ultra et me pousse à le rejoindre. Il me persuade que je peux même la gagner ! Je souri l’idée émerge en moi. Vite vite que faire… je contacte mes amies de la Spartan Nomad, mon filleul Edouard et mon teammate Michka, tous ont l’habitude des grandes distances et ont déjà vécu l’expérience. Leur retour est unanime : « Vas-y Mymy fait nous rêver. Gère ton allure et alimente-toi tout le long : tu peux y arriver ! » Excitée, je décide de remplacer la trifecta et oser l’ultra : One shoot de bonheur !

6 heures du matin, le soleil vient à peine de se lever. Nous arrivons dans la pénombre… me voilà au départ, je sens les battements de mon cœur , boum boum… boum boum…

J’y suis réellement : on annonce que la boucle fait 13.6 miles soit 22 km et que nous allons avoir une soixante d’obstacles ainsi que de nombreux passages dans la rivière (bien plus chaude que Morzine mais très glissante). Un passage dans la jungle est au programme également : j’ai hâte de jouer à Tarzan. Le dénivelé sera autour de 1000 m par boucle équivalent à la Super de Morzine… je me dis « ok ça va, pas si pire » comme dirais ma copine Canadienne Sara au départ elle aussi !

Le petit détail technique qui va tout changer, c’est que malgré les 6 h du matin : nous ne sommes pas loin des 30 degrés… Je me suis déjà mouillé la tête deux fois et malgré ma décision de courir en t-shirt et pantalon je décide d’enlever le T-shirt (grave erreur). Je me suis équipé à la dernière minute et j’ai pu trouver un camelback à Walmart mais la qualité médiocre de celui-ci va devenir mon pire cauchemar ! Mon dos va être marqué au fer de l’ultra beast et chaque passage dans l’eau va devenir un calvaire. c’est à l’arrivée que je découvrirai que je suis totalement brûlé avec une marque en forme de U : le comble ! Néanmoins courir sans nourriture et eau aurait été un véritable suicide.

Le départ est donné, je pars sans montre, comme à mon habitude, je décide de ne pas savoir car je ne veux pas être démoralisé par la durée. Je prends le départ le plus doucement de ma vie… Je m’étais écris sur un papier mes objectifs la veille.

  1. Finir la course ce qui impliquait de gérer l’allure et bien s’alimenter.
  2. Allez chercher un podium rester au contact des premières femmes, la gagnante de l’année dernière est là et elle m’a battue le week-end dernier à Asheville. Elle est très forte sur les obstacles et connais l’épreuve et le terrain.
  3. Allez chercher la victoire✌️, pour cela il faut attendre le deuxième tour et surtout éviter les Burpees.

Me voilà partie. Je réalise une première Beast avec beaucoup de casses niveau obstacles : trois pénalités qui me font perdre mon avance et je passe le check point en même temps que Alexia la deuxième. Nous allons burpeeser ensemble au Monkey qui, pourtant facile pour moi, est mouillé avec la rosée du matin. Les premiers essuient souvent l’obstacle le deuxième passage se fera sans casse… nous passons dans les grandes herbes et faisons le chemin. Je mets bien deux heures à me réveiller. Je suis en mode diesel et économie d’énergie. Je relance mais je garde une allure facile .. je suis rapide sur la partie course et prend de l’avance mais je loupe le twister devant la cloche et le javelot. Alex me rattrape et nous discutons au laps intermédiaire. Je reprends de l’eau mange solide et je repars !

Cette fois-ci je change la donne: Miguel m’avait dit : « Mymy tu assures le premier et tu lances le deuxième ». Je pars avec un rythme plus élevé afin de ne pas rester au contact avec Alex. Je la sais plus forte que moi sur les portés et les obstacles. Néanmoins, ce deuxième tour sera parfait : je vais être plus rapide que le premier malgré une sensation de fatigue. Je me parle tout le long : « Allez Mymy tu as assuré tes deux premiers objectifs, now let’s go va chercher la victoire ! » Je ne m’autorise pas de burpees sur les Obstacles !

Seule le Javelot est autorisé ! Le twister est sur l’air de Jurassic au milieu des os de dinosaures… Cette fois-ci je me concentre et je le valide rapidement. Je me prends pour une guerrière dans la jungle, je suis envahi d’une rage de gagner et de finir cette course infernale ! ! ! Je crampe à plusieurs reprises sur les deux rampés : la position génère des crampes aux adducteurs et les murs ont tendance à générer des débuts de crampe au mollet… Je suis inquiète mais j’ai une grosse avance. Je prends le temps de boire manger un gel et m’étirer. Je relance ensuite, il y cinq portés :

  • le bucket carry devenu habituel
  • le bucket farmer,
  • les bouts de bois,
  • un pneu à déplacer sur 300 m
  • le sandbag particulièrement lourd a plus de 40lbs pour les filles : le tout en montée-descente bien évidemment !

Les obstacles sont concentrés sur le bas afin qu’il puisse être utilisées pour La Super et la Sprint. Il y a un enchaînement de portés assez épuisant à la fin. Je m’y prépare et essaye de gagner un maximum de temps dans la partie jungle et course à pied. La Gazelle est dans sa savane et la peur du lion m’amène à relancer continuellement. Nous sommes équipés d’un T-shirt Vert Ultrabeast pour le deuxième tour. Je croise sur mon chemin les vagues open de la Beast. Certains passages sont complètement bouchés.

Heureusement le t-shirt et la gentillesse des gens vont me permettre de doubler avec aisance ! Je crie « Sorry Ultrabeast » et les gens m’applaudissent et me laisse passer. Une énergie précieuse : ces encouragements me permettent de tenir le rythme ! Je vais remonter un à un les garçons partis vite le matin. On m’annonce 8 puis 5 pour finalement passer la ligne en troisième position au général !

Je saute le feu. J’ai envie de pleurer de fatigue et de joie. Je cherche du regard les organisateurs qui ne s’attendaient pas à ce que je sois là. On m’annonce un temps de 7h47 59 et une pénalité de 30s . Je me suis mélangé dans le compte de mes Burpees au javelot seule pénalité que je réalise au deuxième tour. Manifestement, il m’en manque un. Les caméras sont présentes au US ! Toujours en faire 31 ! Un Burpees manqué équivaut à 30 s de pénalités, disqualification si moins de 20 !

J’ai tout donné. Je suis vidée et il m’est impossible de m’assoir. Je m’hydrate et je marche. Pascal est à l’arrivée, j’ai croisé Jessy et Morgane dans le parcours ! Vive les SWAT. Quel bonheur d’avoir cette présence française à l’arrivée ! Mes amis américains et Canadiens sont tous encore sur le parcours. Je me sens apaisée : j’y suis arrivée !

J’ai déjà un goût de j’y retournerai… et L’ultrabeast de Dallas, le 29 octobre, me fait déjà de l’œil ! Je relèverai ce challenge a nouveaux car la sensation générée à l’arrivée est réellement intense. Un shoot de bonheur et 3 jours de douleur mais surtout une montée d’adrénaline et d’endorphine… Je languis déjà mon prochain Challenge.

Et vous à quand l’ultra ?

Sèb Desbenoit

Rédacteur en chef d'Obstacle.fr, Sèb est un passionné de courses à obstacles. Des courses extrêmes à celles pour tous, vous ne le trouverez jamais dans les premiers mais toujours à l'arrivée.

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