La Spartan Race Valmorel vécue par Charlotte Géry

Le week-end dernier, je me suis rendu avec mon chéri et quelques-uns de mes coéquipiers du Limoges Mudrun Club à la Spartan Race Valmorel. Cela faisait un moment que je n’avais pas couru de courses à obstacles et j’étais vraiment impatiente de courir cette course blanche dans un si beau cadre.

Ce samedi-matin, il est 9h et me voilà au départ de ma deuxième Spartan Race. Contrairement à toutes mes autres courses, je devrai faire face toute seule aux nombreuses difficultés qui m’attendent. Ce coup-ci, Jul ne sera pas là pour m’aider et me soutenir. J’appréhende donc fortement mais bon je me dis que je ne peux pas continuellement compter sur lui et qu’il est dans temps de voir ce que j’ai réellement dans le ventre. (En espérant que ce ne soit pas au sens propre).

Par ailleurs, la vague élite étant surchargée, l’organisation décide de séparer les hommes et les femmes. Nous partirons donc quelques minutes après eux et je trouve que c’est pas plus mal.

Au moment de rentrer dans le sas de départ, le stress me gagne fortement. Je me sens perdue au milieu de toutes ces compétitrices aguérries mais je m’efforce de rester lucide. Laura, placée juste devant moi se retourne et me dit de ne pas trop m’angoisser et de surtout prendre un max plaisir. J’ai trouvé son empathie très réconfortante. Ca y est : le décompte est lancé et ça part vite.

Le parcours empreinte un chemin qui grimpe pour déboucher sur un talus assez raide avec 20cm de poudreuse. Chaque pas est éprouvant et la neige ralentit fortement la progression. La course s’annonce rude. Après une traversée de route, un passage entre des immeubles, je franchis les premiers obstacles « dessus-dessous » sans difficultés. S’ensuit une partie assez pratiquable qui nous conduit sur un tunnel avec une rivière à moitié gelée. Les filles devant tentent de passer sur la glace pour ne pas mettre les pieds dans l’eau mais lorsque je les vois glisser, je choisis plutôt de passer directement dans la rivière. Ayant fait un training dans ce style le week-end d’avant, je sais que mon corps régule vite la température de mes extrémités.

Je finis par sortir à l’aide d’une corde pour revenir sur la route enneigée. Sur le chemin dans la forêt, je suis obligée de marcher dans les empreintes des autres pour moins me fatiguer musculairement. Le passage du filet nous mène vers le reste de la longue ascension. Aussi, courir m’est juste impossible à ce stade tellement la pente est importante et la neige présente. D’ailleurs, nous marchons tous en file indienne. Puis, s’enchainent le fameux code à retenir, un talus de neige à grimper, et un rampé en côte suffisamment haut pour que je puisse passer à 4 pattes, l’avantage d’être petite. Derrière, je relance ma course en sortant pensant qu’on est enfin arrivé en haut mais non 100m plus loin c’est de nouveau du hors piste, ca n’en finit plus de grimper.

Au bout d’1h30 à grimper tant bien que mal, j’arrive sur le porté du sandbag : ils sont gelés et donc difficiles à porter mais il faut faire avec. Le parcours démarre par une descente où on s’enfonce beaucoup à chaque pas mais je réussis à doubler une fille avant de reposer le sac. Je croise alors ceux qui arrivent et par solidarité je lance quelques encouragements parce que c’est important pour moi et aussi parce que ça me fait du bien.

Un Marshall nous félicite et nous souhaite une bonne descente. Je me dis que ça y est je vais enfin pouvoir courir et envoyer un peu. Malheureusment encore une fois ce n’est pas possible car à chaque foulée dans la poudreuse les pieds s’enfoncent et les chevilles se tordent. Le risque étant bien présent, je décide de ne pas me laisser aller et de ralentir par trop peur de la blessure. Malgré cela, on est plusieurs à chuter. Plus loin, j’atteinds le mur d’escalade horizontale : je me concentre et m’accroche le plus possible car ça glisse un peu. Ainsi, je ne me précipite pas. Tout mais pas les burpees ! Je réussis (YESSS) et repars en marchant dans la grosse côte suivante. Les skieurs sur les remontés mécaniques nous encouragent : c’est vraiment sympa.

Suivent le soulevé de poids à la poulie où les Marshalls nous annoncent qu’on doit contrôler la descente. A l’aise, je le passe tranquille. Puis au tour de l’obstacle « fun », le lancer de la boule de neige sur une cible. Aussi, vous devez fabriquer votre boule. J’en teste une au préalable sur le talus mais elle n’était pas assez compacte. Je regarde donc par terre et trouve un petit bloc qui conviendra. Je me concentre un peu et lance. Ca passe à côté. Argh… Du coup l’obstacle fun l’est beaucoup moins. Et c’est parti pour la première série de burpee. 1 – 2… Long !

Une fois terminée, je repars. Après 3 ou 4 buttes à grimper, je peux enfin lacher les chevaux dans une vraie descente. Enfin, je croyais… Je sens mon pied d’appui qui dérape sur une plaque de verglas et bim sans même m’en rendre compte, je me retrouve une nouvelle fois sur les fesses… Ça commence à devenir une habitude. Mais il en faut plus pour me destabiliser et je m’ajuste en passant sur les côtés. La vigilance est de mise. Peu après, une grande palissade se dresse mais finalement je la surmonte sans difficulté. Enfin, les toits des chalets du village apparaissent. Nous avons droit au deuxième porté du jour à savoir la bûche cette fois.

C’est dur et je commence à vraiment avoir envie d’arriver. Je ne pensais pas que ce parcours enneigé serait aussi éprouvant. Pour me booster, les spectateurs se font entendre. Je sais alors qu’il me reste le monkey bar, un mur, la corde et le filet à traverser. J’appréhende ce premier obstacle mais j’ai vraiment envie de prendre ma revanche, tellement frustrée que j’étais de l’avoir loupé sur ma dernière épreuve. Je me place et commence à empoigner la barre horizontale mais en regardant devant je me dis que je n’arriverai jamais à atteindre les suivantes vu leurs hauteurs. Bref, je partais perdante… et ce qui devait arriver arriva : mes mains glissent rapidement et direction la deuxième série de burpees. A ce stade, je n’en peux plus et je suis à bout de force. C’est alors que j’entends une voix d’homme m’encourager. Je reconnais celle de Jul et ça me donne la hargne suffisante pour finir la pénalité. Je lève enfin la tête pour l’apercevoir et ça me réconforte instantanément. Je suis tellement contente de le voir.

Je file regonflée à block vers la palissade. Une fille est couchée devant et m’empêche de prendre mon élan. En effet, ce n’est pas simple et je réussi à la franchir mais y laisse beaucoup de jus. Allez courage, la fin est proche et je fonce sur la corde. Je commence à grimper et à un mètre de la cloche, je cale et glisse. Je n’ai plus de force. Ca fait bientôt 3h que mon aventure a débuté et tout devient très compliqué. Je retente sous les encouragements des deux Marshalls mais c’est peine perdue et je file aux burpees pour la troisième fois. Heureusement, je ne perds pas de places.
Dernière ligne droite, je traverse le filet à quatre pattes et offre aux photographes mon plus beau saut en dessus des flammes. Au final, je finirai 20ème fille au général et 18 ème élite. Je suis pleinement satisfaite car j’ai atteint mon objectif : repousser mes limites. Encore toute tremblante et exténuée, je récupère un verre d’eau, ma couverture de survie, mon gâteau et file me blottir dans les bras si réconfortants de mon Jul.

Mon bilan

Même si les particularités de cette course ne jouaient pas sur mes forces, j’ai vraiment beaucoup apprécié ce week-end dans un cadre magnifique. J’ai également eu la chance de faire de belles rencontres. Je ne rajouterai qu’une chose : Vivement la prochaine ! Accro, vous avez dit ? 😉

Sèb Desbenoit

Rédacteur en chef d'Obstacle.fr, Sèb est un passionné de courses à obstacles. Des courses extrêmes à celles pour tous, vous ne le trouverez jamais dans les premiers mais toujours à l'arrivée.

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