Leslie Lejeune et Alban Baudrier ont remporté le 3K du Challenge national Obstacle organisé aux Pennes-Mirabeau par la Fédération française de pentathlon moderne.

Sur l’affiche, ils sont présentés comme les « champions 3K ». Pas comme les champions de France.

Pourquoi cette étrange pirouette ? Parce qu’en France, les titres officiels ne se gagnent pas seulement sur le terrain. Ils dépendent aussi d’une délégation ministérielle.

Aujourd’hui, les courses à obstacles restent administrativement rattachées à la Fédération française d’athlétisme. Elle seule peut donc organiser une compétition délivrant officiellement le titre protégé de « champion de France » dans notre discipline.

La Fédération française de pentathlon moderne peut développer l’obstacle, organiser un Challenge national et couronner ses vainqueurs. Mais elle ne peut pas encore employer les trois mots qui sembleraient pourtant naturels.

Le paradoxe est costaud : au niveau international, l’UIPM — la fédération mondiale du pentathlon moderne — est désormais l’instance reconnue de l’obstacle dans le mouvement olympique et deviendra l’unique fédération mondiale de la discipline en août 2026.

Le monde avance donc dans une direction pendant que l’administration française regarde encore dans une autre.

Alors, prenons position.

Leslie Lejeune et Alban Baudrier ont remporté la compétition nationale de 3K organisée par la fédération qui porte aujourd’hui l’obstacle au niveau mondial.

En ce qui me concerne, ils sont les champions de France du 3K obstacle.

Ils ne peuvent simplement pas encore le dire officiellement.

Ce n’est pas le niveau des athlètes qui pose problème. Ce n’est pas la légitimité sportive de l’épreuve. C’est une carte administrative qui n’a pas encore suivi le terrain.

Et parfois, le rôle d’un média spécialisé consiste aussi à appeler les choses par leur nom.