Burpees Scandal : que s’est-il passé en Andorre ?

Le week-end dernier, après un échec sur la Spartan Race d’Andorre, un des concurrents se dirige vers la zone de burpees après un échec sur un obstacle. Après un mouvement correct, poitrine au sol sur la pompe – pieds qui décollent sur le saut, il se met à faire des demi-burpees. Malgré les avertissements des six juges et de l’arbitre (Marshall) présents, rien ne l’arrête. Il peut ensuite s’élancer plus frais et en ayant perdu moins de temps que les autres athlètes pénalisés.

Ces faits sont issus de la retranscription de la vidéo mise en ligne hier sur la page Facebook : Spartan Race Burpees Scandal. Ses créateurs sont excédés de se voir dépassés lors de ces phases de pénalités. Si le tournage de la vidéo n’a pas été prémédité, sa diffusion est quant à elle soignée avec une campagne Facebook qui tente de mettre l’accent sur le rôle des juges et des arbitres et un certain laxisme dans les vagues élites y compris dans les top 10.

La triche existe. Dans tous les sports, des qu’une faille dans les règles existe, elle est alors exploitée par des compétiteurs. Si certains participants voient cela comme un esprit anti-sportif, d’autres préfèrent évoquer la volonté de gagner et l’exploitation de la situation pour optimiser ses chances : c’est aux juges de faire leur travail. Le véritable problème mis en lumière sur cette course est donc bien l’inaction apparente des juges bénévoles et de l’arbitre face à un cas de triche avéré. L’athlète ne sentant pas les avertissements suffisamment convainquant a continué sur sa dynamique.

Les organisateurs sont conscient de ces problèmes : aux championnats d’Europe de Spartan Race, son fondateur Joe DeSena a annoncé une suspension d’un an pour toute tentative de triche sur cette course. Lors des courses françaises, si tout n’est pas encore parfait, Spartan Race a changé ses briefings arbitres et demandé plus d’autorité. Sur cette course, la disqualification aurait été normale et logique mais elle n’est pas simple à imposer et faire respecter face à des coureurs impressionnants et parfois amis. Contactée l’organisation espagnole de Spartan Race assure mener une enquête interne.

Une formation, des processus

Une vraie formation pour les arbitres semble indispensable. Toutefois cette solution est complexe à mettre en place pour un sport aussi jeune que la courses à obstacles. Elle ne peut être mise en place que part une structure indépendante des organisateurs et un véritable engagement. C’est ce modèle qu’a choisi l’OCRA Bénélux avec succès. Les arbitres sont dédommagés par les organisateurs de courses et garantissent une compétition équitable.

Avant de pouvoir mettre en œuvre cette solution en France, nos juges et arbitres doivent se sentir plus investit dans leur mission et dans leur rôle. Ils doivent également ne pas avoir peur de sanctionner. Cela passe par un respect mutuel du rôle de l’arbitre. Une première proposition pourrait être la mise en place de processus clairs à la manière des commandements en mêlée. Un exemple, pour les burpees, pourrait être basé sur quatre étapes :

  • Avertissement pour le premier burpee mal effectué,
  • Refaire le burpee pour le deuxième,
  • Recommence à zéro la série pour le troisième,
  • Exclusion pour le quatrième et dernier burpee mal effectué.

 

Sèb Desbenoit

Rédacteur en chef d'Obstacle.fr, Sèb est un passionné de courses à obstacles. Des courses extrêmes à celles pour tous, vous ne le trouverez jamais dans les premiers mais toujours à l'arrivée.

Continuer votre lecture

3 commentaires

  1. Mic dit :

    Sinon mettre des pénalités en temps.. ou des obstacles obligatoires, mais Spartan et les burpees, c’est comme le sel et le poivre, quant aux obstacles obligatoires, ils créent des bouchons..
    ou sinon mettre des box à burpees pour les élites avec une caméra pour chaque box et contrôle des burpees pour le podium et toutes les places qualificatives avec ou sans rolldown.. mais ça demande une sacré logistique!

  2. @momRaceETI dit :

    Tant qu’une pratique sportive ne sera pas traitée comme une « discipline » sportive avec une fédération ou équivalent, un règlement, des classements, des juges-arbritres et une grille de sanction, les courses d’obstacles resteront, et l’on s’en plaint pas, une activité sportive ludique plus ou moins physique, nécessitants plus ou moins d’encadrement et de financiarisation.
    Quand, sur notre course d’obstacle la mom’Race, nous nous sommes posés les questions du chronométrage, des pénalités, d’une vague Élite ou Privilège et des exclusions si non respect des règles, nous avons préféré ne pas imposer ces contraintes, aussi parce que nous sommes une association humanitaire, mais pas que !
    Le participant « Finisher » saura qu’il a fait tous les efforts et respecté toutes les consignes pour prétendre à ce titre honorifique. C’est un deal de conscience, et cela nous convient très bien !
    L’argent est l’ennemi de beaucoup trop de plaisir de la Vie.

  3. caro dit :

    merci pour ce bon article. Oui ça fait rager quand tu vois des gens faire à moitié et que tu cours pour un classement… MAIS pour ma part, je me dis que j’avais qu’à réussir mon obstacle comme ça je regarde pas ce que font les autres.

Soutenez Obstacle.fr