Récit : la Spartan Race de Sparte

Sur les sentiers grecs, Bruno Faget était l’un des premiers coureurs à boucler le trifecta de la Spartan Race de Sparte. Il nous raconte son épique week-end.

Un week-end Trifecta à Sparte en Grèce, sur les terres arides foulées par le roi Léonidas et ses Spartiates, il y a 2500 ans ; transpirer, saigner, se dépasser comme ces légendaires guerriers : Spartan Race nous a proposé de réaliser ce rêve de tout coureur à obstacles accro à cette discipline et nous sommes quelques centaines (400 pour la beast, 650 pour la Super et 700 pour la Sprint, de 30 nationalités différentes) à avoir eu le privilège de pouvoir relever le défi les 4 et 5 novembre 2017.

Première surprise du week-end : le vendredi, fraîchement descendu de l’avion, nous voilà obligé de faire 30 burpees au pied de la statue de Léonidas, sur le podium et face au public, pour pouvoir accéder à la zone de remise des packs coureurs du format Beast ! Résultats : autant de burpees à ce moment là que durant les trois courses réunies ! Contrairement à certains (oui, toi Mud Mike) : je déteste réellement les pénalités signatures de Spartan Race. Les coureurs des deux autres formats n’auront pas droit à un tel cérémonial.

Les coureurs étrangers à la Grèce devaient acheter un package incluant les inscriptions pour les trois formats de course (la beast le samedi, la super et la sprint le dimanche), les nuits d hôtel ainsi que les navettes aller-retour aéroport d’Athènes-Hôtels de Sparte. Mon hôtel, pour parler de ce que je connais, était idéalement placé à quelques 200 mètres de la ligne d’arrivée et à 300 mètres du départ. Le petit déjeuner copieux et la chambre confortable. Le personnel adorable comme le reste des Grecs rencontrés lors de ces quelques jours. Une réserve peut être sur leur conduite au volant (j’avais loué une voiture)… Ils ont la désagréable tendance à doubler tant par la gauche que par la droite, sur nationale comme sur autoroute.

Le village de la course avait un avantage sur les autres : il était accolé au stade de Sparte. Cela offrait des tribunes pour se changer et patienter, une pelouse et une piste d’athlétisme pour s’échauffer ainsi que des douches et WC en dur… Une expérience bien agréable.

La course

Sous un beau soleil (12-13 degrés), le départ de la Beast [format longue distance] s’annonce à l entrée des ruines antiques de Sparte, le samedi à 9 heures. Deuxième surprise pour nous : le départ se fait en marchant ! Nous sommes devancés par deux spartiates à la mine patibulaire qui donne le rythme le temps de traverser le site (300 à 400 mètres).

Le portail de sortie franchi, nos « éclaireurs » s’écartent et la véritable course commence… Thomas Blanc (ancien coureur à obstacles et directeur de cette course), lors d’une interview, nous avait promis une course rude. Nous n’avons pas été déçus ! Mon cœur balance entre le remercier et le maudire.

Je ne ferai que résumer la course : nous avons parcouru les premiers et derniers kilomètres en longeant, pataugeant ou courant dans la rivière Agogé. Son lit, comme ses rives, est tapissé de galets plus ou moins gros qui ont rendu la progression difficile. Combien de coureurs ont été vus traînant la patte…

Le reste de la course s’est déroulé dans les collines environnantes couvertes d’oliviers. Entre chemins de terre et champs, plus rocailleux les uns que les autres, la vue sur les montagnes était splendide. Mais il était préférable de regarder où poser les pieds : entre les pierres, les buissons épineux, les branches d’oliviers et leurs tuyaux d’arrosage (au sol comme à hauteur d’homme), la chute était facile. Par ailleurs, le premier qui me propose des olives à l’apéro… Bref.

Les 500 derniers mètres, sur l’avenue principale de Sparte, formaient une boucle et regroupaient cinq-six obstacles phares, offrant ainsi au public un spectacle représentatif d une belle Spartan Race. Tous les obstacles Spartan étaient présents. Je ne les passerai donc pas un par un. Toutefois certains méritent d’être détaillés.

Les obstacles

Le memory code était une suite de « dessins antiques » à restituer en les désignant du doigt sur une feuille quelques 22 kilomètres plus loin. Une modification bien pensée : aucun problème de langue pour le coup !

Le javelot… pardon… les javelots ! Un premier était situé au point culminant de la course, en plein porté de la chaîne. Il fallait toucher un bouclier métallique bien plus éloigné que d’habitude… Il a plu des burpees sur nous pauvres apprentis spartiates. En fin de parcours, on trouvait le classique javelot et sa botte de paille. En cas de faute, les burpees étaient à faire dans 5 centimètres d’eau.

Vous connaissez le parpaing en béton ? À Sparte, il était en marbre !

Un autre obstacle, espèce de monkey bars ascendant, devait être franchi par en dessous en s’agrippant avec les mains et les jambes… Rien de bien sorcier mais comme nous sortions de la rivière, les mains et les barreaux humides compliquaient la chose.

Deux ramping étaient au programme dont un d’une trentaine de mètres dans l’eau de la rivière qui ne laissait que peu d’espace pour respirer.

Le porté du sandbag quant à lui, était interminable dans des champs vallonnés.

Les chiffres

  • Total Beast : 29 km et 850 m de dénivelé positif : Rude !

Le dimanche nous avons enchaîné la Super et la Sprint sous une météo toute aussi clémente.

  • Total Super : 17.1 km et 500 m de dénivelé (à vérifier)
  • Total Sprint : 8.3 km et 100 m de dénivelé
  • Trifecta : 54 km et pas loin de 1500 m de dénivelé positif

Le bilan

L’apothéose fut bien entendu la remise de la médaille Trifecta Week-end ainsi que du « coin » Sparta (tous deux uniques) sur le podium au pied de la statue de Léonidas. Une belle récompense pour ces coureurs qui se sont donnés au maximum pendant deux jours. Sauf pour votre serviteur, oh combien malheureux, qui a dû partir avant la remise des trophées…

Je me suis régalé tout au long de ces quelques jours. Les courses étaient effectivement difficiles, principalement par leur longueur… mais c’est ce que j’étais venu chercher. Bravo à l’organisation française : elle ne nous a pas ratés.

Bravo aux Grecs, vraiment adorables. Merci pour leur accueil, leurs encouragements. Merci aux enfants qui venaient nous claquer la main même dans la rivière !

Toute mon admiration pour Yoan Argiolas, coureur handi, qui a bouclé la Trifecta !

Encore toutes mes excuses à Clément Compain. J’ai en effet marché sur sa corde lors du tirage de pneu, oups…

Bravo au Spartan Nomad Miguel Labranche qui signe deux podiums sur la Super et Sprint !

Je suis fier d’avoir terminé ce week-end Trifecta « là où tout a commencé » et d’être qualifié pour les championnats d’Europe et Monde OCR 2018 catégorie « vieux en déambulateur ».

Il était vraiment sympa, le lundi, de croiser des « touristes » de toutes nationalités , en tee-shirt Spartan, sur tous les sites archéologiques d’Athènes !

Auteur point de vue

Quand la communauté de la course à obstacles s’exprime sur Aroo.Fr

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