Dans sa chambre, Cécile Deplaude se concentre. Dans quelques heures, elle prendra le départ d’une course à obstacles extrême exactement deux ans après son cancer. Face à elle, se dressent près de dix kilomètres de trail et plus de vingt obstacles sur le tracé de la Spartan Race Sprint du Castellet.

« De zéro à la course à obstacles »

Pour cette journaliste jurassienne, le diagnostic tombe après la naissance de son fils. Si une chimiothérapie et une chirurgie permettront à Cécile de vaincre la maladie, son corps sortira de ce combat vidé de son énergie.

Mon corps était à zéro. Se baisser pour ramasser quelque chose, marcher dix minutes… Tout est épuisant.

À la reprise de son travail, Cécile rencontre l’équipe de Coaching Plus, à Lons-le-Saunier et plus particulièrement l’un de ses coachs : Philippe Châtaigner spécialisé dans le Circuit Training. Avec lui, l’envie de faire du sport revient.

J’essayais de faire de la corde à sauter, du vélo et puis, au bout de six mois, Philippe m’a proposée de me lancer dans une Spartan race pour reprendre confiance en moi. Cela tombait pile deux ans après ma maladie. C’était une vraie motivation supplémentaire.

Le défi est de taille. Sans force dans les bras, les obstacles seront des défis immenses. Après de nombreuses hésitations, Cécile finit par faire le grand saut et s’inscrit pour la Spartan Race Sprint du Castellet. Toutefois son inscription tardive ne lui permet pas de partir en même temps que d’autres membres de Coaching Plus : elle se lancera dans l’épreuve seule.

Passer l’arrivée et tomber à genoux

Dans sa chambre, Cécile Deplaude se concentre. Quelques séances d’auto-hypnose lui permettent de faire baisser le stress et de se mettre en condition. La voilà prête pour le grand jour, pour le départ.

Tout le long de la course, j’étais dans un esprit positif. À l’arrivée redoutée de la première palissade, un inconnu m’a aidée et sur toutes les palissades : quelqu’un était là !

Les uns après les autres, elle franchit les obstacles qui se dressent face à elle et les conquiert. Dans cet intense effort, son corps ne la lâche pas et lui permet de dépasser ses limites.

On ne connaît jamais vraiment la longueur d’une course de la série Spartan Race. Sur les épreuves de courte distance, les Sprints, la tracé minimal est de six kilomètres. Arrivée au septième kilomètre, l’épreuve du Z-Wall : un mur d’escalade à franchir horizontalement, attend Cécile. Son échec l’entraînera vers les trente pompes sautées (les burpees) à réaliser. En vague open, les pénalités sont partageables et, à sa grande surprise, d’autres participants lui proposent spontanément de faire quelques burpees pour elle.

Il ne reste plus qu’une dernière palissade. À l’arrivée, son conjoint l’attend. Une nouvelle fois, la solidarité des coureurs à obstacles permettra à Cécile de franchir l’épreuve et de se lancer vers le saut final au dessus du feu et la ligne d’arrivée. Épuisée, Cécile tombe à genoux.

C’était la première fois de ma vie que j’avais une médaille à l’arrivée. Et j’ai pleuré, j’ai décompressé, j’étais allée au bout de moi même si je ne l’ai pas faite à fond. C’était intense.

Un cancer est une maladie vicieuse où le corps trahit. Après cette maladie et avec un accompagnement de qualité, la course à obstacles a permis à Cécile Deplaude de reprendre de confiance en soi et en son corps.

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