The Viking’s Day vu par Nicolas Lemarchand

Dans la rubrique Points de Vue, le magazine accueille le point de vue des organisateurs, des athlètes et des passionnés de la course à obstacles.

Wimereux (62).

Dimanche 26 Avril, il est 9h30. Nous sommes sur la vaste plaine d’Houlouve. Xavier et moi sommes inscrits à la première édition de la Viking’s Day. Claire nous accompagne mais ne court pas, elle assure une partie de l’intendance et joue les photographes.

Après un échauffement classique (podium, musique, duo d’animateurs fitness) qui permet à tous de se réchauffer un peu dans la grisaille qui règne aujourd’hui, le départ de la première vague de 10 h est donné par Monsieur le maire avec quelques minutes de retard.

Au-dessus de nos têtes, un drone survole les participants (cool, on aura peut-être des images originales !). Nous partons dans la deuxième vague, 200 coureurs dont la plupart sont déguisés et pour certains équipés de bouclier, d’épées, de bouées ou de kilts… Au final, nos vêtements de course « habituels » font presque tâche au milieu de tant d’originalité. 

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La course


Après quelques centaines de mètres, nous remontons en tête de notre vague avec 2 ou 3 autres concurrents que nous finirons par distancer sur les tous derniers kilomètres. Chaque vague comporte des inscrits aux 7 km et 12 km. Une bonne partie du tracé est commune à tous mais les « 12 » réalisent 2 boucles supplémentaires (au début et à la fin). L’orientation vers les parcours 7 ou 12 est assurée par des bénévoles qui se basent sur la couleur du dossard.

Après quelques épreuves « classiques » (traversée dans une piscine colorée, passage dans des pneus puis ramping dans un tube), nous sommes orientés vers la première boucle du circuit 12 km. Elle nous réserve une montée vers le haut de Wimereux.

Quelques séries de talus commencent à nous chauffer les cuisses. Survient alors une belle descente « ventre-y-glisse » sur une bâche tendue et largement arrosée d’eau et de mousse, avec une fin de course sur une dizaine de mètres dans l’herbe. Il faut ensuite remonter tout ce que nous avons descendu pour arriver tout en haut à la pointe de la Rochette. Là, on nous donne un sac de gravats (d’environ 15kg) et c’est parti pour un tour de stade en courant.

Nous rattrapons ici quelques concurrents de la première vague qui se sont arrêtés. La montée vers la pointe et ces premiers 42 m de dénivelé ont entamé les moins sportifs. Ensuite, c’est une descente directe vers la plage, en passant par les rues de Wimereux, une petite traversée de rivière (le Wimereux) et s’ensuivent des obstacles spécifiques et très sympas : montée du bord de la digue bétonnée, redescente sur la plage par les escaliers… puis tout droit, direction la mer, transport de gros bidons vides sur une cinquantaine avec de l’eau de mer jusqu’en haut des cuisses…

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Puis nous remontons sur la digue, pour passer dans un jeu gonflable « dessus/dessous » et au travers des rouleaux. Ici, pas de difficulté sauf que la consigne est stricte : il faut enlever ses chaussures pour ne pas abîmer le jeu (franchement galère car grosse perte de rythme au moment de les remettre – ici, surtout ne pas enlever les lacets !)

Retour sur la plage par une série d’escaliers où chacun se voit confier un cageot chargé de sable qu’il devra tirer sur une cinquantaine de mètres… Trainer un cageot lourd sur du sable, sans eau, ça accroche pas mal !

Cette partie sable et mer passée, nous remontons vers le chemin d’Honvault pour découvrir un alignement d’obstacles assez particuliers : des grands toboggans gonflables d’une dizaine de mètres de haut. Il y a également 1 ou 2 tapis énormes de 3–4m de haut, du genre « big air bag ». On choisit librement ce qu’on préfère toboggan ou big air bag. Devant nous, seules 3–4 personnes attendent. Dans les vagues suivantes, cette épreuve a provoqué de vrais bouchons. Dans tous les cas, pour pouvoir descendre, il faut monter. Et pour ça, il nous faut passer dans une structure métallique comprenant 4 palliers formés par filets horizontaux et percés de trous qui permettent de se hisser de l’un à l’autre. Les cordes attachées dans la structure de manière irrégulière nous aident. Pas vraiment difficile et chacun utilise sa technique : Xavier s’est appuyé avec les pieds sur les cordes mais j’ai préféré me hisser d’un pallier à l’autre en privilégiant les bras (très peu sollicités jusque-là).

La descente du toboggan effectuée (saut sur le tapis pour les autres), nous remettons nos chaussures et enchaînons avec une longue partie de ramping sous du tressage en cordes.

Nous passons ensuite quelque temps à courir dans les chemins caillouteux, séparant les champs de céréales verts et jaune (colza, luzerne) pour arriver au camping l’Eté Indien. Là nous attendent, quelques petits talus qui nous obligent à bien lever les jambes (cailloux, paille, trous), des bottes de paille plastifiées (donc glissantes) qu’il faudra franchir, un trou sablonneux rempli d’eau dans lequel il faudra sauter.

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Une petite côte à monter, une descente et au 7 ème km nous rejoignons la zone de ravitaillement. Elle est simple mais l’essentiel est là : quartiers d’oranges, eau, sucre, fruits secs …

Un verre d’eau et quelques quartiers d’orange plus tard, nous traversons la mare aux canards du camping, au son du banjo et de la clarinette et sous les acclamations et les rires des quelques spectateurs présents. La mare est trompeuse car son fond est constitué de vase et on voit de temps à autre une personne s’enfoncer d’un coup de 50 cm… Nous remontons ensuite le chemin pris à l’aller en croisant ceux qui vont devoir affronter cette petite boucle et en souriant en pensant à ce qu’ils vont affronter.

Nous courons ensuite 2 kilomètres sur différents terrains (boue, cailloux et route de campagne goudronnée). Là, nous reprenons nos marques : on récupère et on finit par accélérer… Mais au détour d’un virage, ceux que nous prenons pour des spectateurs déguisés criant pour nous encourager se postent en plein milieu de la route pour… nous empêcher de passer. Une chaîne humaine qui hurle et qui rit, qui nous oblige à pousser, décaler, déborder pour pouvoir la passer. Les deux rangées de « faux spectateurs » qui suivent sont moins problématiques et nous sommes juste invités à passer sous le pont formé par leurs bras. Une fois encore, c’est simple, inattendu et surprenant.

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Un kilomètre et demi plus loin, nous arrivons sur une série d’obstacles naturels : 2 murs hauts de 2,5 m à franchir. Des bottes de pailles sont présentes au pied du premier pour faciliter l’escalade. Devant le second, rien. Mis à part quelques pierres qui sortent du mur, pas de prise. L’escalade s’effectue donc à l’aide de ces pierres. De l’autre côté, un tapis pour amortir le saut et quelques mètres plus loin apparaît une monkey bar longue d’environ 7 m. En fait, ce sont des supports de scène (sur lesquels on fixe habituellement des projecteurs). Les barreaux ne sont pas parallèles et le diamètre est très faible. Zut, moi qui m’étais entraîné sur une échelle horizontale standard… Là encore, surpris. Ni Xavier ni moi n’arrivons au bout… mais comme aucune épreuve n’est sanctionnée, pas grave.

Ensuite, nous regagnons en courant le parc situé derrière la plaine d’Houlouve, où nous attendent un ramping sous un grillage métallique, un parcours où nous devons porter une buche et un viking qui nous grogne l’ordre de manger les insectes séchés qui se trouvent à ses pieds… Une première pour beaucoup d’entre nous et, encore une fois, une surprise à la « fort boyard ». Les insectes mâchés et avalés (une chenille et une sauterelle), le viking est satisfait : il nous marque alors le visage au cirage noir.

Nous reprenons notre course sur des chemins piétons, passons sous un filet tendu au sol et reprenons le chemin de terre et d’herbe qui longe le Wimereux. Là, attention aux trous et aux mottes de terre. C’est la dernière ligne droite, direction la mer !

L’arrivée est proche mais difficile d’accélérer : il faut se baisser sous un pont au plafond très bas, courir dans les cailloux et enfin, remonter sur la digue humide et glissante au moyen d’une corde sous les cris et les encouragements des nombreux spectateurs.

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La digue franchie, l’arrivée est là…

On nous félicite chaleureusement en nous coiffant d’un casque viking (en plastique). Le ravitaillement de fin nous attend, à quelques mètres, sous une tente.

Et ça tombe bien, cela fait 5 minutes qu’il pleut ! Coca, cake, orange, eau, raisins secs. Là encore, rien d’exceptionnel mais c’est suffisant.

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Le bilan

Nous échangeons nos impressions sur la course. Nous sommes globalement très satisfaits car :

  • Les obstacles/défis sont variés, pas forcément élaborés mais souvent originaux ;
  • Le parcours est vallonné et s’étend entre ville-mer-plage-campagne ;
  • Le terrain est très varié (route, chemin, terre, cailloux, herbe, sable, mer) ;
  • L’ambiance générale est excellente, les participants ont joué le jeu du déguisement et l’état d’esprit est plus à l’entraide et à la rigolade qu’au défi sportif ;
  • Enfin, l’évènement a bien été couvert par les médias locaux et pas mal de photos sont disponibles sur le site internet et la page Facebook de la viking’s day (malheureusement nous n’y sommes pas…).

Du côté des moins, Claire a entendu certaines personnes se plaindre du manque de signalement mais cela ne nous a pas gêné. Xavier regrette l’absence de médaille et le casque plastique Made In China qui nous a été remis en guise de trophée. La couleur du t-shirt est, quant à elle, indéfinissable : ni vert, ni jaune, ni kaki …

Mais, mis à part cela, c’est une course qui nous a beaucoup plu, certainement plus physique que la SoMad ou la Frappadingue et idéale pour ceux qui veulent s’éclater avec une bandes de copains sans autre but que celui de s’amuser et de garder de bons souvenirs.

Nicolas Lemarchand

Crédits photo : Claire

Auteur point de vue

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