Retour sur la D-Day Race 2

Ce nouveau périple me conduit non loin de chez moi à Courseulles-sur-Mer en Normandie pour participer à la D-Day Race.

J’avais eu l’occasion de participer à la première édition l’année dernière et bien que j’étais resté un peu sur ma faim, j’avais hâte de voir les évolutions apportées. Vu le nombre de connaissances qui y participaient, ça allait être à n’en pas douter une belle fête de la course à obstacles. J’arrive à Courseulles-sur-Mer le vendredi soir pour rejoindre Slohan, mon pote qui a fait le déplacement depuis Fréjus. Pour la petite histoire, je l’avais rencontré sur la Beast Castelet 2014 et on avait partagé bien des galères ensemble. Cela nous avait rapproché (non, pas autant que vous le pensez, bande de fou !). Par la suite, on avait sympathisé et gardé contact via Facebook. Ça m’a fait plaisir d’enfin le revoir après tout ce temps !

Après une bonne nuit bien reposante, nous nous dirigeons vers la base de vie. À 9h30, il n’y avait pas grand monde et nous avons pu récupérer notre paquetage très rapidement. Les bénévoles étaient très sympathiques et souriants. Dans le sac, nous avions droit à un tee shirt bleu, une barre de céréale, une bouteille de boisson sportive, le dossard et la puce de chronométrage. En effet, nous allions prendre le départ de la vague Commando Elite de 13h24. A l’intérieur du bâtiment, on trouvait également un stand de merchandising et un stand de l’armée.

Vu que nous étions largement en avance, on en a profité pour faire des photos et discuter avec Bastien, Bruno ,Sandra, Thomas Blanc et sa famille. C’était super sympa et ça nous a permis de mieux faire connaissance. Je souhaite un rapide rétablissement à Thomas Blanc, toujours un plaisir de le croiser.

Ensuite, nous sommes allés nous changer à la voiture garée à proximité. Peu de temps après, nous avons commencé notre échauffement en joggant vers le port, lieu d’embarquement, qui se trouvait à environ 2km de la base de vie. Arrivé sur place, l’ambiance battait déjà son plein. En effet, les coach du Crossfit de Caen débordant d’énergie proposaient un échauffement survitaminé qui donnait envie de bouger et de danser. Un rapide regard autour de moi et j’aperçois déjà des dizaines de visages familiers. Parmi eux, Jordan des swats, torse nu, le short compression remonté au maximum et les chaussures arborant de virils lacets roses faisait le show : ses pas de danses chaloupées m’ont fait rêver^^. J’adore ! Le ton (festif) était donné ! Je profite du moment et je me sens vraiment bien. L’impatience me gagne peu à peu et je n’attends plus qu’une chose : vite monter dans le bateau !

DDay-copains

13h20 : c’est l’heure ! Nous embarquons par groupe de 12 à bord des bateaux. Nous avons très peu attendu et les heures de départ étaient respectées. En marchant vers les embarcations, je constate que je suis accompagné par des compétiteurs relativement mauvais : Grégoire Rezzonico, Bastien Bravais et Jordan des Swat. Bref, juste le futur podium dans l’ordre.

Le tour en bateau restera la grand moment de la course. En effet, après un sage départ, ça s’accélère . Le virage effectué à grande vitesse nous offre quelques sensations digne de certains manèges de fêtes foraines (bon ok, ça fait longtemps que je n’y suis pas allé ! ^^) . J’ai vraiment adoré cette petite montée d’adrénaline. A ce moment, face à la plage, j’ai pensé aux valeureux soldats qui se sont battus pour libérer la France. Respect à eux ! A peine le temps de redescendre qu’il faut se jeter à l’eau, je ne réfléchis pas et je saute… ouch l’eau est gelée et me saisit. Je sors le plus rapidement possible et je trottine tranquillement sur la plage.

La course ne commence que quelques mètres plus loin au passage sur le tapis vert. Contrairement à moi, les 3 « avions de chasse » ont déjà mis en marche les turbos réacteurs et partent tambour battant à un rythme effréné. Le premier obstacle est un sac d’une vingtaine de kilo à traîner sur 20m. S’ensuit une course dans le sable qui me conduit sur le haut d’un bunker. Là le bénévole me demande de sauter 3m50 plus bas sur un petit tapis. J’avoue que j’ai un peu hésité. M’étant déjà fracturé la cheville, je suis un peu moins casse-cou que par le passé. Ainsi, je m’abaisse au maximum et je saute en faisait une roulade en atterrissant digne des meilleurs navy seals…bon en fait elle était toute pourrie mais bon au moins j’étais en un seul morceau.

Alors que nous courons sur la plage, je me concentre sur le coureur me précédant , une bonne vieille connaissance , Iron Bougnat, torse nu lui aussi avec ses manchettes bleues fluo et sa barbe. On a l’habitude de se tirer souvent la bourre sur les courses. Bref, je dois le rattraper et garder le contact même si courir sur cette surface meuble n’est pas mon fort. Malgré cela, j’ai quand même beaucoup aimé ce passage au bord de l’eau. Un nouveau porté de bûche sur 20m nous attend. Une erreur de parcours d’Iron me permet de le dépasser. Devant, je n’aperçois déjà plus les 3 gazelles. Le sol se raffermit et j’élève un peu la vitesse. Les sentiers natures et boueux ont succédé au sable. Une aire avec plusieurs obstacles monkey bar, structures avec enchevêtrement de rondins de bois, filet et pour finir un mur d’escalade sont rapidement avalés. Mon camarade me reprend en course à pied alors que nous courrons dans des champs vraiment boueux. Nous descendons dans une tranchée d’eau noirâtre et vaseuse. Il y aura 3 passages comme celui-ci. Je profitais de ces moments pour récupérer tout en tâchant d’être efficace. Nous continuons à un bon rythme et je m’efforce de le suivre dans le single trail vallonné et jonché d’obstacles naturels : racines, branches en travers, etc. Vraiment un beau passage !

DDay-Saut

Quelques minutes plus tard, le circuit de moto cross se dresse devant nous avec ces successions de montées et de descentes impressionnantes. Iron se montre plus à l’aise que moi en montée et je le reprends dans les descentes. Il imprime un gros rythme en courant continuellement alors qu’autour de nous tout le monde marche, je sers les dents en m’accrochant jusqu’à ce qu’il me lâche sur la dernière montée. Je réduis un peu le rythme pour ne pas me mettre dans le rouge. Ainsi, il m’a pris 50m d’avance que je reprends au train sur le long sentier roulant. Je saute par dessus des bûches en feu et je le rejoins juste avant un labyrinthe de bottes de paille situé dans le hangar d’une ferme. Je réussis à lamentablement me perdre et à revenir au point de départ. Heureusement que l’orientation est un de mes points forts ! Tant bien que mal, je réussis à retrouver la sortie et j’aperçois à quelques centaines de mètres devant moi Iron qui file. Sur ces parties très roulantes, je suis beaucoup plus à l’aise et je réduis rapidement l’écart.

Puis, je dévale comme un fou furieux une pente de 50m à quasi 50% sans toucher la corde et en finissant en glissade incontrôlée sur les fesses. C’était le moment prise de risque cascadeur. Je relance fort et je reprends très vite Iron. Après un passage de cours d’eau à faible profondeur et une marche de l’ours sous une haie de ronces, nous voilà revenu sur la route où je mène l’allure. Je me sens très bien. Nous nous dirigeons vers le port de Courseulles-sur-Mer à belle vitesse. 20 pompes, un passage dans un tuyau et des franchissements de murs effectués, nous atterrissons à nouveau sur la plage et une monkey bar se profile à l’horizon. En tant normal, j’adore cet obstacle sauf qu’ici la barre est très haute et je suis incapable de l’attraper. D’accord, je n’ai pas mangé assez de soupe quand j’étais petit(beurk) et je ne possède pas la détente de Tony Parker mais quand même. Je retente trois fois en vain. Iron est déjà très loin. Sans me décourager, je m’apprête à grimper sur les montants quand le gentil bénévole me propose de me faire la courte échelle. Pas très glorieux mais au moins j’arrive à attraper le barreau. Merci à lui ! Ouf ! J’ai bien cru que j’allais camper ici ! J’accélère fortement car l’arrivée est proche. Le passage dans les ballons, la structure en bois à escalader, les matelas sur la boue se succèdent.

Je donne tout pour finir fort. Je fonce sur le dernier obstacle : la rampe et je sprinte vers l’arrivée qui se situe juste à côté de la base de vie. Là, je suis pris en photo et on me remet la médaille militaire. Finalement, je finirai 23 ème sur 400 élite de cette course contre la montre en 1h30 pour 15km.

MathieuArrive

Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié le parcours très varié et magnifique de cette course. Le circuit était bien balisé et présentait de bels difficultés. En revanche, j’ai trouvé les obstacles ,bien que plaisants, trop simples et peu nombreux pour une course qualificative au championnat d’Europe OCR. En effet, ils seraient plutôt destinés à un public loisir plutôt qu’à des compétiteurs aguerris. Aussi, des portées beaucoup plus longs, les murs sans prises d’escalade et la grosse rampe imposée ainsi que d’avantages d’obstacles de bras auraient pu être proposé aux Commando Elites. Néanmoins, j’ai passé un super moment et je félicite les organisateurs de la D-Day Race ainsi que les bénévoles. J’ajouterai qu’une soirée animée était proposée aux coureurs mais j’ai malheureusement dû partir très rapidement après la course.

J’ai aimé :

Le tour en bateau et le débarquement, l’échauffement de la team Crossfit, le parcours, les ravitaillements, les balisages, revoir tous les coureurs français les bénévoles et l’organisation,

J’ai moins aimé :

la difficulté et le nombre d’obstacles

Je finirais en remerciant : les organisateurs et les bénévoles, les French Frogs et Hugo pour m’avoir permis de faire cette belle course, la Frappadingue pour leur soutien, Sébastien d’obstacle.fr, Léo, Boris et les amis (racers ou pas), la famille pour leur soutien sans faille, et Slohan pour ce week-end très sympa !

Je vous donne rendez-vous dans trois semaines pour de nouvelles aventures. A+ les warriors !

Mathieu Claustre

Quand il n'enseigne pas en école primaire, Mathieu est obstacle racer et il nous fait la joie d'être chroniqueur pour obstacle.fr

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