Rat Race : trois récits pour revivre cette course folle

Plus de trente kilomètres et quatre cents obstacles, voilà le défi titanesque qui attend les participants de la Rat Race lors du Dirty Weekend en Grande-Bretagne. Bruno, David et la Team des Spartan Units étaient sur cette course. Découvrez leurs récits.

Bruno Faget

La Dirty rate race est une course à obstacles anglaise qui s’est déroulée le 6 mai à Stamford, à un peu plus de 100km de Londres. Plus précisément sur le domaine de la vaste « maison de campagne » Burghley House (un château pour moi). Se disant la plus grande course à obstacles du monde, la Dirty, dans sa version classique, est composée d une boucle unique de 20 miles soit 32 km (mon choix) et 200 obstacles (30 zones de 5 à 10 obstacles). Il était possible de ne faire que 13 miles (half mucker), mais aussi de parcourir (pour les grands malades) deux boucles (double mucker 64km 400 obstacles). Des courses pour les enfants étaient aussi prévues. Et vu l’état dans lequel ils étaient , je peux vous assurer que la boue ne leur a pas été épargnée. Ils étaient enchantés.

Les tee-shirts, les puces, les dossards, en fait des bracelets de couleurs différentes suivant les vagues, ainsi que les pass pour la soirée d’après course (également des bracelets) pouvaient être récupérés la veille de la course ou le matin même. Le village était parfaitement organisé avec un grand parking payant (une fois pour les 3 jours), des douches (tuyaux type Spartan), des tentes pour se changer, des consignes payantes pour clés ou sacs, une tente merchandising de la marque et une médicalisée, des stands de nourriture boissons, des bains nordiques payants, possibilités de camping payant (énormément de coureurs ont fait ce choix), un immense chapiteau où s’effectuaient les départs et les échauffements en musique. J’insiste sur le mot payant, la Dirty est une course qui revient cher (frais d’inscription élevés et tous les à-cotés ne sont pas donnés non plus, sans compter le voyage bien sûr). Cependant les organisateurs ont ainsi récolté quelques 850 000 euros pour les enfants atteints de cancer ! Génial ! Nous étions 6000 à prendre le départ de cette course en 20 vagues de 300.

Comme on peut si attendre en Angleterre, il tombait quelques gouttes mais rien de bien méchant. La température était d’environ 10 degrés. Le plus désagréable fût le vent qui souffla sans discontinuer (en sortant des obstacles aquatiques et dans les files d’attente, heureusement assez courtes, c’était glaçant). Le parcours se faisait donc dans la campagne et la forêt anglaise un tantinet vallonnée (650m de D+ à mon GPS après rectification) au travers de chemins, monotraces, orties, prairies, cours d eau, étangs, lacs, mais jamais de bitume. Je vais éviter de vous décrire les 200 obstacles, ce serait long, fastidieux et rébarbatif. Aucun n’était obligatoire et il n’y avait pas de pénalités en cas d’échec. Je commence par l’obstacle phare, le plus long Monkey Bars du monde, environ 140m de long ! Cela fait rêver ! Seuls 8 coureurs l’ont terminé sans faire de pause. Je l’ai fait mais en le découpant en plus d’une dizaine de tronçons. J’y ai perdu plus d’un quart d’heure et laissé bien de l’énergie mais je n’avais pas pris l’avion et appris à conduire à gauche avec un volant à droite pour ne faire que le regarder.

Ces 200 obstacles étaient donc repartis en 30 zones spécifiques. La zone des portés (seaux de sable, barres en métal, jerricans d’eau, pavés … toujours par deux et sur des boucles courtes mais à fort dénivelé), la zone des monkey bars (anneaux, cordes, fûts de bière, monkey bars, …), les zones aquatiques avec gilet de natation obligatoire (ventriglisse, saut de 3 à 6 m, traversées de lac à la nage, passage sous des grilles, …), les zones d équilibre (passage sur des passerelles perchées à plusieurs mètres, structures gigantesques en rondins, balançoires, saut à la perche, descentes de pompier, franchissements en sautant de plot en plot, …), … Des rampers sous des filets plus ou moins longs, un porter de pneus en rampant, un autre de bûche, des franchissements de plans inclinés à l’envers, de slacklines, de murs d escalade, de buttes de terre, de palissades, de tas de pneus, un autre ventriglisse, un lever de sac lesté avec une corde, des buses ensevelies, une immense pyramide de bottes de foin, une boucle à faire en sautant les fesses sur un ballon, une corde lisse, un saut de 3 m sur des matelas gonflables, traversée d’une caravane rock and roll et d’une cabane disco, des franchissements de cours d eau sur des structures instables, de la boue, de la vase puante… et j’en oublie … Un plan incliné à gravir en courant à contre sens d’un tapis roulant (très drôle au bout de 32km !). Un passage à quatre pattes sous des grilles pendant que les bambins du public pouvaient nous arroser grâce à de grandes seringues mises à leur disposition (sales gosses !). Le dernier obstacle, le clou du spectacle, était une immense structure métallique de plus de 15 m de haut, au sommet de laquelle on grimpait à l’aide d échelles de sangle, de prises d’escalade, la descente se faisait par ‘ autre versant en se jetant dans un ventriglisse ultra-raide et rapide : le bonheur à l’état pur !

Les ravitaillements étaient constitués de bouteilles d’eau et de bananes mais aussi de sachets de chips (les Anglais sont fans) et de sucreries Haribo. À l’arrivée une belle médaille bien méritée nous a été remise ainsi qu’un tour de cou Dirty Rat. Il était possible de faire la fête sous le grand chapiteau le soir après la course. Des concerts étaient organisés et la bière a dû couler à flots pour les campeurs !

Cette Dirty rate race est une très belle course, aussi fun que physique. C est plus une course à faire entre potes. Pour les chronos, il est préférable de partir dans les premières vagues. En vague 10, j ai mis 4h40 dont 56 mn à attendre mon tour devant des obstacles (je ne me suis jamais autant caillé les miches !). Le premier met 2h50. Je salue le courage des nombreux participants qui ont mis 7-8h. La malbouffe est omniprésente en Angleterre, même dans les ravitaillements. Il est rare de voir de tels gabarits courir en France. Impressionnant de volonté ! Il doit toutefois être possible de se faire bien mal sur certains obstacles notamment les structures en bois … notre FFA ferait des bonds si elle voyait ça. Sinon l organisation est top. Les bénévoles et marshalls adorables, toujours à encourager et à aider les coureurs en difficulté. Un regret ?! Qu’une bière ne soit pas offerte à l’arrivée ! Heureusement, les pubs n’en manquent pas.

La week-end prochain, ce sera Amsterdam pour l’Iron Viking qui risque fort de se transformer en Beast si mon genou ne consent pas à reprendre forme humaine !!

 

David Tahouma

Juste de retour du Rat Race Dirty Weekend (RRDW) qui se tenait ce weekend près de Stamford, à environ 90 minutes en train de Londres. La RRDW se dit être la plus longue « Assault Course » du monde avec un parcours de 30km et 200 obstacles ! Bon je pense qu’ils n’ont pas entendu parler de la Spartan Ultra-Beast mais c’est quand même autre chose qu’une Mud Day.

Cette course se tient tous les ans à Burglhey House, un château anglais au cœur d’un vaste parc. C’est un des plus gros événements de l’année en Angleterre et de nombreuses équipes de course d’obstacles viennent s’y retrouver et faire la fête pendant le weekend.

La course

La Dirty Race en elle-même est plutôt de style « fun » comme la Frappadingue que « performance » comme une Spartan. Les obstacles sont donc relativement accessibles à tous, et il n’y a aucune pénalités en cas d’échec ou de contournement. Les coureurs vont de 16 à 77 ans comme on dit.

Mais si les obstacles sont simples, ils sont quand même d’une autre échelle que ce qu’on trouve en France : 100m de nage dans un étang dans un sens, puis dans l’autre, la monkey bar la plus longue du monde, un toboggan de 15m de haut, un saut dans l’eau de 5m, des rampings interminables, etc.… Par contre très peu de passages dans de la boue profonde : juste assez pour bien salir les chaussures. La course se déroule tout autour de Burglhey House donc c’est 99% trail.

Cela reste donc même une course assez sportive. Le parcours Full-Mucker fait quand même 30km (20 miles) même s’il est possible de faire juste le Half-Mucker (21km et 150 obstacles). Il n’y a pas beaucoup de dénivelés : la campagne anglaise c’est plutôt plat. Les ultra-trailers pourront tenter de devenir un Double-Mucker en faisant le parcours 2 fois (soit 60km et 400 obstacles). Les moins de 16 ans pourront tenter le Young Mucker en 3 et 6 km.

Les obstacles sont bien repartis sur l’ensemble du parcours et pas juste autour de la base centrale. Ils alternent difficultés naturelles (étangs, rivières), artificielles (montagnes à gravir, tunnels, échafaudages, etc.) et agrès (monkey bars, anneaux, etc.)

Ma course

J’avais prévu un temps assez froid (environ 10-11°C), et je m’étais équipé en conséquence : haut de compression long, veste néoprène Décathlon à zip, t-shirt technique, cuissard, short et manchons de compression fin en haut et en bas (j’ai souvent froid quand je cours).

Juste avant la course, vu l’absence de soleil j’ai choisi de mettre plutôt un haut de compression chaud. Sur les 3 premiers kms j’ai failli le laisser sur le bord de la route, mais après la première trempette dans un étang je n’ai plus eu de problème car le soleil ne s’est pas montré de la journée (il a même plut un peu). A la réflexion je ne sais pas si la veste néoprène était une bonne idée : je ne sais pas si ça m’a tenu chaud ou si ça m’a plutôt empêcher de sécher et donc de me réchauffer. D’un autre coté les passages dans l’eau sont tellement fréquents qu’on n’a pas vraiment le temps de sécher.

Heureusement, ces passages sont suivis de sections de running qui permettent de se réchauffer. En tout cas je n’ai pas eu vraiment froid, sauf aux ravitaillements. Je ne sais pas comment font ces Anglais qui mettent juste un short et t-shirt, mais j’en ai quand même vu plusieurs en difficultés à cause du froid.

Les gants sont quasi-obligatoires à mon avis car il y a plusieurs passages sur des obstacles en bois brut ou en métal qui ne nécessitent pas de grip mais peuvent vous abîmer les mains. Vous pouvez toujours les enlever pour la Monkey Bar.

En chaussures, j’avais les nouvelles Reebok All Terrain Super OR 3.0, et j’en suis moyennement satisfait. Alors certes elles évacuent bien l’eau, mais par contre elles laissent aussi entrer les petits cailloux ! Elles ne tiennent aussi pas très bien sur le bois mouillé.

Les ravitaillements sont suffisants : environ tous les 7 km, avec de l’eau, des bananes, des flapjacks et surtout des chips ! Et même au vinaigre ! Prévoir un gel ou deux dans une poche n’est pas de trop.

A la fin j’ai fait un temps de 6h42. La montre GPS dit que j’ai couru pendant 3h39, donc j’ai passé environ 3h sur les obstacles, les ravitaillements et les queues. Je n’ai jamais fait plus de 5-10 minutes de queue sur un obstacle, sauf à la toute fin où ça bouchonnait bien. Pour « faire un temps », il faut donc absolument viser les premières vagues (un peu plus chères) ou alors être un Double-Mucker (que tout le monde laisse passer).

Après la course

Mais le RRDW, c’est aussi un festival. On peut camper sur la place le vendredi soir et le samedi soir (et toutes les installations sont très bien). Si on préfère ne pas s’embêter à apporter sa nourriture, le site accueille des stands variés et il y en a pour tous les goûts. C’est pas trop cher (6,5£ pour un burger par exemple) mais c’est la qualité est moyenne. Après la course, la grande tente accueille des groupes de musique live jusqu’à minuit. C’est l’occasion de se rendre compte que les Anglais ont adoptés en masse la DryRobe pour l’après-course.

Y aller

Aller à Burglhey House depuis Paris est très simple : Eurostar direct pour Londres jusqu’à St Pancras, traverser la rue pour la gare de King’s Cross puis 1h30 de train jusqu’à Stamford. Ensuite il faut environ 30 minutes de marche pour aller jusqu’à l’entrée de l’événement (à condition de ne pas se planter comme moi !)

Il faut quand même prévoir un certain budget, mais en réservant tout bien à l’avance (ticket d’entrée, camping, billets de train) on peut réduire le coût. Attention en Angleterre tout se paye, y compris les billets d’entrée pour les spectateurs !

Les inscriptions pour l’année prochaine sont ouvertes et je ne doute pas que les premières vagues vont se remplir très vite ! N’hésitez pas à me contacter si vous voulez des détails.

Spartan Units

L’équipe de course d’obstacles Spartan Units, originaire de la région Grenobloise, n’était pas à la « Spartan race » de Carcassonne, ce 6 mai 2017. En effet, bien avant la connaissance du calendrier français, le groupe avait choisi de s’engager sur la « Rat Race Dirty Week-end » à Burghley en Angleterre. Avec 32 km et 400 obstacles, la franchise Anglaise annonce cette course comme la plus grande du monde, les « Spartan Units » se devaient d’aller affronter ses mythiques obstacles tels que le « monkey bar » le plus long du monde avec ses 160 mètres.

Graça Philippe, Reybet Bruno, Chevalier Nicolas, Balkan Remi et Grattard Franck tous rompus aux courses d’obstacles, tels que les Spartan, Mudday et autres franchises ont donc terminé cette course hors normes. Il y a bien quelques 200 obstacles, certains dignes d’un jardin d’enfants et d’autres redoutables pour ne pas dire sans équivalents, il y a bien 32 km et on peut rajouter une partie natation terrible avec plusieurs traversées de lac dont l’eau avoisine les 5 degrés. On pourra toujours dire que l’on peut passer à côté des obstacles, couper ou tricher, l’absence de surveillance et de « Marshall » enlève en effet tout intérêt de courir avec une puce de chronométrage mais pour les Spartan Units qui ont tentés 199 obstacles et de courir sans marcher sur les 32 km (sans dénivelé) fait vraiment de cette course, une aventure extraordinaire et d’un niveau très relevé.

Franck Grattard : « On boucle le parcours en 6h42 mais on compte quelques 2h minimum d’attente cumulée sur les obstacles. Philippe et Nico avaient la possibilité d’aller beaucoup plus vite mais ils ont fait le choix d’une course d’équipe. Au final, on est très fier de la team. On a joué le jeu et on a fait honneur à la France avec un vrai état d’esprit « d’obstacles Racers »… Remi fait même un super monkey bar et atteint les 70 mètres… Je conseille vraiment cette course pour le plaisir et la qualité de son organisation, les gens sont formidables tout au long du parcours et le niveau est au final très relevé.

Notre équipe Spartan Units se veut une équipe tournée vers la performance humaine et la découverte, d’où nos choix de courses atypique. D’ailleurs la team sera présente sur l’Alpha run 2 organisée par nos amis « Les résistants OCR » le 21 mai à Bernin avec certainement un record en France pour une équipe de course d’obstacles avec plus de 65 « Spartan Units » inscrits ».

Auteur point de vue

Quand la communauté de la course à obstacles s'exprime sur Aroo.Fr

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