Frappadingue de Montreuil, le bilan

Après la belle expérience de la Frappadingue Dinan, j’avais programmé de faire un maximum de courses de cette série. Ainsi, ce samedi 10 septembre, je me suis rendu avec mon pote Kévin dans le nord de la France à Montreuil-sur-Mer. À notre arrivée, il est quasi-minuit et c’est encore la fête dans le centre ville. En effet, pour l’événement, un dj situé entre deux bars est présent et la musique techno résonne. Il y a du monde et les chenilles s’enchaînent : Grosse ambiance ! Le ton est donné !

Le village Frappadingue a été installé au cœur de la citadelle médiévale. C’est très joli et ça me rappelle quelque peu Dinan.

Après une très courte nuit, le réveil est difficile à 6h30. Nous partons dans la vague 1 de 8h30 donc il ne faut pas trop tarder. Par chance, nous logeons à deux pas des lignes de départ/ arrivée au cœur du petit château : la classe ! Le village est vraiment bien aménagé et tout est à proximité : retrait des dossards et du pack coureur (puce, tattoo et tee shirt), consigne et les stands de restauration (boissons, bières et nourriture, etc). De plus, de nombreux obstacles sont installés au pied des murailles et le public se masse en haut pour observer les participants. C’est vraiment bien agencé !

La musique rythmée donne envie de bouger. Il faut savoir que 6000 personnes sont attendues sur la journée et cela fait donc de cette course un des plus gros événement ocr en France. Je n’allais tout de même pas rater ça.

Déjà, l’heure approche ! Après le briefing d’avant course, nous nous dirigeons vers la ligne de départ située un peu plus bas. Même dans cette première vague chrono, la plupart des gens sont déguisés mais les compétiteurs sont également présents. Je m’amuse alors à poser pour les caméras avec les camarades. GRRR ! On contracte les muscles et on pousse le cri guerrier qui va bien. J’aborde ça avec un esprit fun et j’avoue que je jubile : être entre Kermit la Grenouille, une danseuse étoile et un viking ça n’a pas de prix . L’animateur fait bien monter la pression !

BIM ça part : je sprinte sur 150 m pour ne pas me retrouver bloqué sur le premier gros mur de plus de 2 m. Derrière je réduis l’allure car il y a quand même 12 km à faire. Très vite, nous nous retrouvons à flan de colline à faire 6 montées/ descentes de 100m environ à 20% dont les premières avec un sac d’une dizaine de kilogrammes sur le dos.

Devant, ça va vite et je me retrouve en 8ème position. Les jambes ne sont pas au top et je sens le volume du mois passé. Ce n’est pas bien grave ! Je fais ma course et je prends beaucoup de plaisir en ce début de course. Vu que le terrain est mixte (route, chemin, herbe), j’ai opté pour les salomon s lab ultra qui ont des petits crampons sauf que sur l’herbe humide à plus de 20%, ça glisse énormément et je manque de me retrouver par terre plusieurs fois. Je suis contraint de réduire l’allure pour éviter la chute et je ne peux suivre Kévin qui me prend 10m à chaque descente. Je voulais le suivre et bien c’est raté ! Cette partie du tracé a directement établi les positions qui bougeront très peu pour le top 10. Je plonge ensuite dans l’eau très froide. Une corde nous permet d’avancer malgré le courant. Personne devant, personne derrière et c’est parti pour une longue course en solo.

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Le parcours nous fait passer par des chemins de halage puis dans un marais. Arrivent les dunes de boue où je dois me mettre quasi à plat ventre pour progresser tellement c’est épais. Juste derrière, il faut passer sous un cylindre et s’immerger totalement : j’adore vraiment ce nouvel obstacle, dommage qu’il n’y en ait pas eu 3 de plus comme à l’édition de Dinan. Dans le marais, je fais attention à mes appuis et je suis également très concentré sur le balisage. En effet, étant adepte du hors piste, j’avais prévu la boussole, le gps et la carte ign du coin. Malheureusement pour moi, le parcours est très bien balisé. Je cours maintenant le long d’un cour d’eau que je dois ensuite traverser à l’aide de deux câbles horizontaux, l’un pour les pieds et l’autre pour les mains. J’ai trouvé ça original, accessible à tous et amusant.

À ce stade, les écarts sont vraiment importants et je m’efforce de tenir un rythme correct suffisant pour maintenir ma position et profiter des obstacles pleinement. Le parcours nous ramène vers la citadelle plusieurs fois en empruntant des voies bitumées. Par 2 fois, nous devons monter et descendre par des grands filets de corde sur les remparts. Sujet au vertige, je m’efforce de ne pas regarder en bas et d’assurer mes prises au mieux. J’avais l’impression d’être un viking partant à l’assaut du château. Le public m’encourage, c’est vraiment sympa. Les 2 longues sections de petits murs et de palissades (6 à chaque fois) m’ont permis de bien travailler les franchissements et notamment les bascules. Sur les Frappadingue, les obstacles reviennent très rapidement et vous n’avez pas le temps de vous ennuyer. Déjà le prochain se dresse devant moi : chouette c’est le toboggan gonflable que je n’avais pas encore pu tester. Je prends mon élan et me jette. Ça glisse bien et c’est confortable : je valide. L’arrivée dans l’eau rafraîchit juste ce qu’il faut. Parfait !

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Allez je me remets en route car finalement le coureur derrière moi commence à pointer le bout de son nez. Après avoir avaler un ramping de 30m dans l’herbe en descente, je rentre dans un moulin où on me dit de sauter par la fenêtre dans un ruisselet très vaseux. Je suis les indications et m’enfonce jusqu’au genou dans la vase. Horreur ! En dégageant mon pied, ma chaussure reste bloquée. Là aussi c’est une première pour moi et j’entame une partie de cache-cache improvisée avec ma godasse . Je la retrouve, la nettoie et je prends pas mal de temps à la remettre. Le coureur derrière me rattrape mais semble au bout de sa vie. Il n’arrive même pas à me répondre. Je relance dans le camping où des futurs participants déguisés en vikings (décidément omniprésents) me tendent des bières en guise de ravitaillement. Sympa de leur part mais ça sera après l’arrivée pour moi.

Après des grosses montées, je passe dans un petit souterrain. Celui-ci me conduit vers la fin du parcours sur la citadelle où se trouve une grosse densité d’obstacles: cochon pendu toujours aussi bien, la pyramide de filet, la monkey bar échelle et la corde à grimper (à nœud ou lisse au choix). Je précise qu’aucun obstacle n’est obligatoire, on peut essayer, faire de son mieux et lâcher si c’est trop dur. L’important est de vivre une expérience fun avant tout. Peu après, c’est la poutre et le cylindre immergé au trois quart qu’il faut passer sur le dos sous peine de boire la tasse. Je sprinte car d’après mon petit repérage l’arrivée est très proche.

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Surprise ! En fait, je n’avais pas vu que ça tournait à gauche juste avant et qu’il restait finalement plus d’un kilomètre à parcourir. Je cours dans cette belle citadelle et descend le mur d’enceinte avec un grand filet de corde très incliné. S’ensuit un passage sous des filets au sol et c’est la remontée finale vers le chemin de ronde. J’accélère vers la ligne d’arrivée où on me remet la médaille finisher. A priori, je finirai 8ème. Pas si mal pour une course de reprise !

Je retrouve les copains arrivés quelques minutes avant moi. Bravo d’ailleurs à David Tieli du crossfit Dunkerque pour sa belle victoire. Xavier Régnier et Mathieu Mangeon complètent le podium masculin. Puis, on refait la course autour d’une bonne bière tous ensemble. Peu après, j’en profite pour discuter avec les participants qui arrivent sur la partie finale. Ils sont tous ravis et enthousiastes. Selon eux, à n’en pas douter, c’est la course à obstacle du Nord à ne pas rater. Je ne peux qu’acquiescer après cette excellente première expérience. Le village donnait vraiment envie de rester sur le lieu et nous avons décidé de manger sur place. Après quelques discussions passionnés avec David et Kévin, il était déjà temps pour nous de prendre congé.

J’ai moins aimé

Pas grand chose en fait ! Peut-être mettre davantage de cylindres où l’on doit passer sous l’eau comme à Dinan ou mettre une petite pénalité genre 30 pompes si les 30 premiers de la vague 1 ne complètent pas le cochon pendu, la corde ou la monkey bar par exemple.

J’ai aimé

l’ambiance, le contexte médiéval, le parcours mixte et diversifié alternant les portions difficiles à haut pourcentages et les sections roulantes, les obstacles originaux et nombreux, la soirée de la veille, l’organisation dans son ensemble, l’implantation, et l’agencement du village au top et le rapport qualité-prix.

Je remercie et félicite particulièrement le staff de la Frappadingue pour leur accueil et pour la belle organisation de cette course.

Je remercie également Kévin pour ce trip sympa, mon coach Léo Climber pour ses très bons trainings qui me font progresser et son soutien, Sébastien et Obstacle pour tout ce qu’il apporte au développement de l’ocr ainsi que Globe runners, Psa Ropenard et Run n trail pour leur soutien.

Aussi, les warriors, je vous donne rendez-vous très vite le week-end prochain pour un combo Incendiaire -So Mad qui vaudra aussi le détour !

A bientôt !

Mathieu Claustre

Quand il n'enseigne pas en école primaire, Mathieu est obstacle racer et il nous fait la joie d'être chroniqueur pour obstacle.fr

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