2018, le bilan des six mois

Année après année, la course à obstacles enchaîne les révolutions. Pour la première fois depuis bientôt dix ans, des signes d’une maturité de la discipline en France se dessinent et les voyants sont globalement au vert. Deux nuages viennent pondérer cet aperçu : les difficultés de The Mud Day et la communautarisation du haut niveau français.

Plus sûres, plus fun, plus sportives et de meilleure qualité

Les participants aux courses à Obstacles fun et sportives ont toutes les raisons de se réjouir. Depuis le début de l’année, nous constatons une réelle évolution de la qualité des courses à à obstacles Françaises.

Plus de fun, plus de sport

Plus de structures gonflables, plus de monkey bars et autres structures techniques, la majorité des courses françaises se sont équipées et vont désormais dans un sens où sport et fun se retrouvent et cohabitent parfaitement. Les chiffres de participations à ces événement suivent dans un bon cercle vertueux.

Chez Obstacle, nous sommes ravis de voir les organisateurs s’inspirer des courses et des obstacles récompensés lors des obstacles d’or. 2018 s’annonce une année particulièrement complexe pour notre jury tant un grand nombre de courses ont déjà marqué les esprits.

Et si la valorisation des meilleures courses et des plus beaux obstacles aide, l’arrivée sur le marché français de deux très bons constructeurs d’obstacles permet également aux courses loisirs de proposer de épreuves techniques de grande qualité : merci Kaha et Gladiathor !

Une autre arrivée notable sur le terrain de la qualité est celles des courses hybrides comme la BarjoXRace. Son parcours axé sur le franchissement d’obstacles très complexes le matin ravi les élites et se transforme en course réellement fun pour les loisirs l’après-midi. Une belle idée.

Réglementation et souplesse d’application

Si la réglementation de la FFA a été vécue comme une sentence prononcée à destination de notre sport, force est de constater qu’elle a permis une meilleure prise en compte de la sécurité des participants et a refroidi les organisateurs les plus cowboys de se lancer dans la discipline.

La forte contrainte amenée par ces règles a été allégée par des assouplissements sur les événements de moins de 4000 participants sans chronométrage. Une belle coïncidence !

Spartan s’impose

En séduisant les athlètes de haut-niveau et en proposant des courses singulières, Spartan Race a réussi à s’imposer en France auprès des personnes à la recherche du dépassement de soi. Avec ses parcours techniques et durs sans être inaccessibles, ils semblent avoir trouvé la bonne formule pour cette catégorie des coureurs à obstacles qui représente 25% de notre sport.

Un sport féminin !

56 % de femmes sur les courses à obstacles !

Les tendances se sont confirmées en ce début d’année, selon les données que nous avons collectées auprès des organisateurs, la course à obstacles est officiellement un sport à majorité féminine avec 56% de femmes sur les départs.

The Mud Day en perte de vitesse

Si La Ruée des Fadas et la Frappadingue ont su se réinventer pour rester concurrentiel, le grand acteur à subir les conséquences de l’amélioration de la qualité des petites courses est The Mud Day. La franchise enregistre une vraie baisse de sa fréquentation et se met en danger.

La communautarisation des élites

Un autre sujet inquiétant pour notre discipline est celui de la communautarisation des coureurs à obstacles élites au niveau international. Alors que la discipline est un fin mélange de franchissement d’obstacles, de challenges et de course à pied, une profonde tendance semble orienter la discipline vers toujours plus de technicité sur les obstacles. « La chasse aux traileurs » est ouverte pour réserver les meilleures places de notre discipline à ceux capables de terminer de courses qui ressemblent de plus en plus à des Ninja Warriors avec un départ en ligne qu’à une course avec des obstacles.

Si la présence d’obstacles très techniques est indispensable, l’orientation de la discipline vers le tout obstacle est dommageable. Des séries comme la BarjoXRace, la Toughest ou Strong Viking contribuent à rendre notre discipline plus forte, plus visible et plus crédible. Elles ont trouvé le juste équilibre entre run et obstacles. Mais pour certains, ce n’est pas encore assez : il faut des obstacles encore plus durs, plus techniques. Faut-il aller jusqu’à créer une discipline où le résumé pourrait être un épisode de Ninja Warrior avec seulement une poignée de finishers ? Non.

En créant une discipline qui s’auto-satisfait, on la renferme sur sa communauté et casse son accessibilité. L’arrivée de jeunes talents est ralentie et l’investissement personnel demandé finit par éloigner certains de nos meilleurs élites. En voulant créer un sport de haut niveau, le milieu de la course à obstacles indépendante (OCR) est en train de concevoir un sport élitiste dont le moteur est la frustration. Espérons que les championnats européens, qui auront lieu ce weekend au Danemark, viennent apporter un peu de fraicheur et inverser la tendance.

Si les directions prises par la grande majorité de la discipline sont particulièrement enthousiasmantes, le volet sportif de haut niveau de notre sport est en danger. Menacé par lui-même mais également par Spartan Race qui, avec sa proposition de valeur différente, risque de Ironmaniser toujours plus la discipline.

  • Mis à jour, le 27 juin à 8h30

Sèb Desbenoit

Rédacteur en chef d'Obstacle.fr, Sèb est un passionné de courses à obstacles. Des courses extrêmes à celles pour tous, vous ne le trouverez jamais dans les premiers mais toujours à l'arrivée.

Continuer votre lecture

Soutenez Obstacle.fr